top of page
nelle-aquitaine.jpg

Nouvelle aquitaine

Renaud Lagrave, vice-Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine chargé des infrastructures, des transports et des mobilités

« Modalis, notre « MaaS » régional ne cesse de s’améliorer »

Quel bilan tirez-vous de cette mandature s’agissant de la mobilité ?

Le premier sujet a été d’opérer fusion des régions Poitou-Charentes, Aquitaine et Limousin qui n’avaient pas la même approche des transports. L’autre élément important a été la découverte, en 2017, des compétences de transport de voyageurs interurbain en autocar et du transport scolaire. Nous nous sommes retrouvés en première ligne, directement au contact des clients. Enfin, le sujet ferroviaire pose de nombreuses questions. Surtout quand Jean-Cyril Spinetta préconise dans son rapport de 2018 de réduire les lignes capillaires et de supprimer 9 000 Km de voies !  Les lignes ferment et nous subissons les limitations de vitesse sur des voies mal entretenues. L’état du réseau devient la question la plus préoccupante. Nouvelle-Aquitaine verse 60 M€ de péages par an à SNCF Réseau et subit un chantage honteux de cette dernière qui menace de fermer les lignes si nous ne payons pas.  Nous subissons depuis trois ans un gros trou d’air de l’État qui ne verse pas ses autorisations d’engagement. Nous allons jusqu’à avancer l’argent à l’état pour lancer des études. L’engagement de l’État de 50% baisse à 38%. Et dans la Loi d‘Orientation des Mobilités aucun versement mobilité n’a été prévu. Nous sommes contraints de faire des choix politiques et financiers.

 

Comment évolue la plate-forme multimodale de transports Transfermuga lancée en 2018 par l’Eurorégion ? Comment parvenez-vous à unifier la billettique et les moyens de paiement ? 

 

L’Eurorégion, née du rapprochement de Nouvelle-Aquitaine avec le Pays basque espagnol, la Navarre et l’Aragon, a vocation à collaborer sur différents dossiers dont celui de la mobilité transfrontalière. Au Pays basque, nous avons mis en place des services de transport routier de voyageurs et le « Topo », d’Euskotren, opère la liaison ferroviaire Irun-Hendaye. Nous travaillons avec à l’arrivée des TER jusqu’à San Sébastian. Seulement les autorités françaises et espagnoles ne parviennent pas à se mettre d’accord pour homologuer les trains. L’objectif consiste à permettre aux trains espagnols d’aller jusqu’à Hendaye et aux trains français de relier San Sébastian. L’écartement des rails n’est pas le même et le défi consiste à bénéficier du troisième rail côté espagnol et côté français ! Nous voudrions avoir la LGV au sud de Bordeaux pour rejoindre Madrid !  La mise en service du tronçon Tours-Bordeaux a permis d’augmenter de 10% la fréquentation de nos TER !

Les Espagnols vont arriver en 2024 à la frontière côté Pays Basque avec la grande vitesse alors que nous serons encore à petite vitesse.  Notre objectif ? ne plus avoir de chaînon manquant.  

Nous utilisons le Mécanisme d’Interconnexion des Réseaux de Transport sur le dossier Pau-Canfranc Nous sommes mobilisés pour relancer cette ligne ferroviaire transfrontalière fermée en 1970 suite au déraillement d’un train qui avait entraîné la destruction d’un pont. Cette liaison est aujourd’hui assurée seulement en autocar. Nous sommes soutenus par la Commission européenne, le gouvernement et les Régions espagnoles. L’État français est le grand absent. 

 

Quels sont les nouveaux services offerts par la Région Nouvelle-Aquitaine s’agissant du MaaS ? 

 

Le syndicat mixte Nouvelle-Aquitaine Mobilités a regroupé en 2018, 27 autorités organisatrices de la mobilité avec pour vocation de coordonner l’offre de transports afin de faciliter les correspondances au sein de pôles d’échanges multimodaux, de créer une billettique unique via la carte billettique Modalis et de créer un « MaaS » régional dont j’ai pris la présidence. Le système d’information multimodal Modalis.fr renferme un bouquet de services qui associe de l’offre publique et privée. Nous proposons un calculateur d’itinéraires et nous avons débuté le paiement en ligne sur les autocars et TER de la Région. Nous allons ajouter des services et les aires de covoiturage, l’implantation des garages à vélo. Le système ne cesse de s’améliorer, nous prévoyons d’intégrer le transport à la demande qui s’adresse en particulier aux territoires ruraux. Notre objectif consiste à maîtriser nos données, notre MaaS et de le faire connaître auprès de ceux qui se rendent dans notre région en voiture. Ce dernier gère 60% des flux de voyageurs de Nouvelle-Aquitaine et 40% 

Laurie Maneval

 

« Les autorités françaises et espagnoles ne parviennent pas à se mettre d’accord »

Transfermuga, le calculateur transfrontalier

 

 

Le calculateur Transfermuga permet de préparer le voyage et les itinéraires en enchaînant plusieurs modes de transport de part et d’autre de la frontière. Transfermuga regroupe les trains d’Euskotren, les TER Nouvelle-Aquitaine (trains locaux et régionaux), les Transports64 (autocars du Département des Pyrénées-Atlantiques), Lurraldebus (autocars de Gipuzkoa), Chronoplus et Hegobus (réseaux de bus de l’agglomération Pays Basque) et Irunbus (réseau de bus d’Irun). « Nous avons travaillé en open data sur l’information voyageur en 2018 et profité du renouvellement de la DSP du réseau de bus urbain pour inclure un service transfrontalier. Le grand sujet porte sur la gouvernance partagée et l’amélioration des gares d’Hendaye et d’Irun », précise Julien de Labaca, qui fut chef de projet de l’Eurorégion et exerce désormais comme consultant.  Ce projet a mobilisé durant près de deux ans l’ensemble des collectivités présentes dans le dispositif : Région Nouvelle-Aquitaine, Département des Pyrénées-Atlantiques, Département des Landes, Agglomération Pays Basque, Agglomération du Grand Dax, Communauté de Communes de Macs, Gouvernement Basque, Diputacion de Gipuzkoa et Mairie dʼIrun.

bottom of page