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Conflans-Sainte-Honorine

Le dépôt Transdev de Conflans-Sainte-Honorine passe au biométhane

 

 

Pour IdFM, le bus n’est pas une préoccupation reléguée au second plan, dans l’ombre du train et du métro. Il s’agit de l’un des modes de transport les plus utilisés en Ile-de-France. C’est pourquoi la région investit massivement dans sa transition énergétique avec un budget de 4 milliards d’euros d’ici 2030 pour le renouvellement complet des bus et l’équipement de leurs dépôts. En grande couronne, l’orientation en faveur du biométhane est claire. Elle doit participer au développement d’une filière d’énergie propre, neutre en carbone, grâce à la méthanisation des déchets.

 

Le 13 mars 2021, les nouvelles installations biométhane du dépôt Transdev de Conflans-Sainte-Honorine ont été présentées aux élus. A cette occasion, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités (IdFM) a rappelé l’extraordinaire démarche de transition énergétique dans laquelle l’autobus francilien est engagé.

 

« La transition énergétique, c’est le changement d’énergie des véhicules, mais c’est aussi le report modal. Il faut pour cela être en mesure d’offrir une véritable alternative à la voiture. Le programme « Grand Paris des bus »Le plan « 1000 bus »  est un succès. A travers l’extension des amplitudes horaires et l’augmentation des fréquences, nous avons augmenté l’offre de +17%. En réaction, le nombre de voyageurs a bondi de +24%. Cela prouve qu’il y a une demande qui n’est pas satisfaite aujourd’hui. Il est très important de poursuivre le développement de l’offre pour apporter une véritable alternative à la voiture, ce qui se traduit par un gain de pouvoir d’achat pour les usagers devenus libres de ne pas utiliser leurs voitures » explique Thierry Mallet, PDG du groupe Transdev.

 

La grande couronne parisienne est propice aux bus biométhane

 

Les bus électriques sont déployés là où ils sont compatibles avec l’ensemble des contraintes d’exploitation. Ailleurs, le parc passe au gaz (GNV) et plus précisément au biométhane afin de profiter pleinement de ses avantages en termes de bilan carbone. 30 méthaniseurs sont déjà en service en Ile-de-France dont 11 valorisent des déchets agricoles. 60 autres méthaniseurs sont en projet.

 

« Nous essayons de faire faire à nos bus une transition vers le gaz, et nous voulons aller vers du gaz de plus en plus propre. C’est pourquoi nous misons sur les cycles courts avec la valorisation des déchets sous forme de biométhane » déclare Valérie Pécresse. « A propos de nos achats de biométhane, nous voulons développer la territorialisation en faisant évoluer nos contrats afin que ce gaz soit davantage issu des territoires proches des sites d’exploitation » ajoute Yoann Pautremat, responsable parc, maintenance et conversion énergétique chez Transdev en Ile-de-France. Enfin, Laurent Probst, directeur général d’IdFM, précise « Le biométhane est une technologie mature qui fonctionne parfaitement. IdFM a financé une mesure des polluants des bus par Airparif. Elle a confirmé l’intérêt du GNV quant à la réduction des émissions de particules et de NOx. Sur le plan du CO2, c’est l’emploi du biométhane qui présente un intérêt environnemental. ».

 

Conflans, l’un des premiers dépôts convertis

 

Conflans-Sainte-Honorine fait partie d’une première salve de dépôts à convertirconvertis en 2021. Son l’équipement biométhane comprend trois compresseurs, dont un de réserve, fournis par SAVE (Société d'Approvisionnement et de Vente d'Energies). Ils approvisionnent 53 postes de charge lente (4 ou 5 heures) et 2 postes de charge rapide (quelques minutes) destinés à faire face à un oubli de recharge ou au ravitaillement d’un véhicule sortant de l’atelier. Afin de prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS), Transdev a fait développer par le constructeur ldes embouts de recharge sont d’un nouveau type ergonomique. Il doit pouvoir être manipulé facilement par tous et toutes, la proportion de femmes parmi les chauffeurs étant actuellement de 25% à Conflanschez Transdev. Mi-mars 2021, ce le site de Conflans avait déjà reçu dix Iveco Urbanway GNV, dont neuf standards et un articulé. Très rapidement la moitié du parc basé à Conflans fonctionnera au GNV.

 

A propos de ce renouvellement, le maire de Conflans, Laurent Brosse, témoigne « Ces nouveaux bus sont moins polluants, mais ils sont aussi moins bruyants et plus confortables. A leur sujet, nous avons déjà eu des réactions très positives des Conflanais bien que la période de confinement conduise un peu moins que d’habitude à emprunter les bus ». L’élu en profite pour rappeler que sa ville développe les mobilités douces et qu’elle remplace son parc automobile municipal par des véhicules électriques.

 

Au sujet du choix de Conflans, Valérie Pécresse explique « Nous n’avons pas choisi Conflans par hasard. Nous voulons montrer que toute la vallée de la Seine est concernée par la transition énergétique. Elle n’est pas réservée à Paris. La lutte contre la pollution n’est pas qu’une affaire de Parisiens. Nous, nous croyons dans le bus. Nous croyons que le bus, c’est moderne à condition qu’il devienne plus confortable et moins polluant. 75% des 1000 bus  supplémentaires du « Grand Paris des bus » sont des renforcements d’amplitude ou de fréquence de lignes , ce sont des bus supplémentaires en grande couronne. Nous avons fait le pari d’augmenter l’offre et de créer des dessertes cadencées. Sur des lignes jusque-là considérées comme non rentables, l’augmentation de l’offre a augmenté la fréquentation et a permis d’atteindre la rentabilité. Ce n’est pas la gratuité des transports qui incite à délaisser la voiture, c’est l’offre de transport avec la bonne ligne de bus qui emmène au bon endroit au bon moment. »

 

Un programme d’une ampleur exceptionnelle, déployé depuis 2016 et jusqu’en 2029

 

Fin 2016, le conseil d’administration d’IdFM a déterminé sa stratégie de transition énergétique avec un objectif de 100% de bus propres, c’est-à-dire équipés de motorisations électriques ou GNV alimentées au biométhane. En 2025, 100% des bus exploités en zones urbaines denses seront propres. En 2029, c’est l’ensemble du parc de la région qui aura été converti. Cela représente 10320 véhicules ! « Actuellement, l’effort en matière de transition énergétique est aussi important en grande couronne que dans Paris » explique Laurent Probst qui rappelle que la feuille de route est jusqu’à maintenant respectée.

 

Valérie Pécresse commente « Nous sommes puissamment engagés dans la transition énergétique et nous sommes observés au niveau européen. Les autorités de transport européennes sont sidérées par la vitesse à laquelle nous réalisons la transition et par nos volumes d’achat de bus propres. Le commissaire européen pour le climat Frans Timmermans m’a confirmé qu’IdFM est l’un des plus gros acheteurs de bus propres d’Europe ».

 

C’est l’ensemble du parc de bus IdFM qui est déjà ou sera renouvelé au cours de la période 2016 à 2029. Les marchés sont à l’avenant avec notamment 1000 bus électriques commandés par la RATP pour le compte d’IdFM aux constructeurs Alstom, Bolloré et Heuliez Bus. Ils ont été suivis par trois marchés passés à travers la CATP (Centrale d’Achat du Transport Public) et totalisant 641 véhicules (dont 150 livrables entre fin 2020 et 2022). Ils comprennent 78 bus électriques Heuliez, 154 cars GNV Iveco Crossway et surtout 409 bus Iveco Urbanway fonctionnant au GNV. Les Urbanway GNV qui ont récemment rejoint le dépôt Transdev de Conflans font partie de ce marché. Les volumes commandés et livrés sont si importants qu’ils ont incité la CATP à numériser son processus de réception pour IdFM. Cette réception a partiellement lieu hors d’Ile-de-France en raison du manque de place disponible chez les constructeurs. A propos du prix unitaire des véhicules de 12 m Iveco, Heuliez ou Bluebus, Laurent Probst annonce approximativement 230 k€ pour un bus diesel, 275 k€ pour du GNV et 520 k€ pour un électrique.

 

Investissement dans les dépôts et expérimentation de l’hydrogène

 

Pour accueillir ces nouveaux véhicules, il est indispensable d’adapter leurs dépôts, ou plus exactement, leurs COB (centres opérationnels bus). Concrètement, il s’agit d’amener à chaque emplacement de stationnement une prise de recharge lente biométhane ou électrique. L’ensemble de l’équipement, incluant entre autres les compresseurs de gaz ou les détecteurs de méthane dans les ateliers, représente un investissement moyen de 56 k€ par place de bus biométhane, et de 116 k€ par place de bus électrique.

 

Actuellement, le parc IdFM est principalement diesel (73%). On y trouve également des hybrides (12%), du GNV-biométhane (10%) et des bus électriques (5%). IdFM a choisi de ne plus acheter d’hybrides diesel. Cette position pourrait être revue selon les résultats obtenus avec les biocarburants en cours d’essai par IdFM. Par ailleurs, une expérimentation hydrogène a lieu autour de la station hydrogène d’Air Liquide aux Loges-en-Josas (Yvelines) avec une poignée de véhicules Vanhool et Safra équipés de piles à combustible. « La technologie porteuse, qui pourrait remplacer le biométhane, c’est l’hydrogène. Toutefois, nous sommes prudents vis-à-vis de ce gaz. D’une part, « l’hydrogène gris » n’est pas intéressant pour l’environnement et d’autre part, les constructeurs ne sont pas prêts pour une production massive de bus hydrogène » commente Laurent Probst. Valérie Pécresse ajoute « A l’horizon 2025, nous voulons créer un centre bus hydrogène d’une dimension inédite en Europe ».

 

Deux dépôts IdFM convertis chaque mois

 

« Pourquoi n’allons-nous pas plus vite ? Parce que le défi, c’est la transformation des dépôts. Elle est chère et prend du temps. » explique Valérie Pécresse. D’ici le premier semestre 2022, 4 dépôts RATP seront convertis au gaz et 2 à la motorisation électrique. Hors périmètre RATP, et au cours de la même période, seuls le dépôt de Vélizy (Keolis) et celui d’Argenteuil (TVO/Transdev) passeront aux bus électriques. Parallèlement, 26 dépôts s’équiperont pour le GNV. Contraintes opérationnelles, coût et intérêt environnemental du biométhane participent à ce choix. Tous les opérateurs d’IdFM sont impliqués. Keolis, Lacroix, RATP, RATP Dev et Transdev participent activement à la transformation en cours. Son rythme est inédit. Jusqu’à l’été 2022, c’est un dépôt de bus qui sera converti tous les quinze jours. Du jamais vu ! Cela représente environ 2000 places de stationnement équipées pour les motorisations électriques et GNV. La cadence de l’entrée en service des nouvelles installations ne doit pas occulter le temps qu’elles nécessitent pour leur mise en place sur chaque site. Dans le cas de Conflans, les travaux ont été menés en 18 mois à partir de l’été 2019. Ils comprennent la mise aux normes Atex (atmosphère explosive) de l’atelier avec l’installation de capteurs capables d’identifier d’éventuelles fuites de méthane. A l’été 2022, IdFM et ses opérateurs disposeront de 42 dépôts transformés. Mi-mars 2021, 17 dépôts sont déjà convertis.

 

Le matériel roulant et les infrastructures des réseaux de bus d’IdFM réalisent actuellement leur transition énergétique en accordant une place de choix au biométhane. Cette énergie a l’avantage de pouvoir être produite et consommée localement en cycle court bien que la réalité de son emploi nécessite encore le recours aux certificats de garantie d’origine.

 

Loïc Fieux

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