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GNV

Présentées comme des collectivités territoriales novatrices dans le domaine des réductions des émissions de gaz à effet de serre, l’Eurométropole de Strasbourg et Grenoble Alpes Métropole partagent un objectif commun : celui de bannir les véhicules Diesel de leurs centres-villes à partir de 2025 et en 2030 au plus tard.

À cette fin, et pour ne citer que le seul exemple de Strasbourg, la métropole alsacienne s’est engagée à déployer une zone à faibles émissions (ZFEM) sur son territoire à partir du 1er janvier 2021. C’est à partir de cette date que seront exclus les véhicules sans vignettes Crit’Air.

Pour se conformer à ces objectifs ambitieux qui se sont déjà matérialisés par « la décision de ne plus acquérir de véhicules Diesel depuis décembre 2019, le GNV apparait comme étant la seule énergie alternative au gasoil qui soit pertinente aujourd’hui », explique Benoit Weinling, chef du service parc véhicules et ateliers de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg. Et preuve s’il en est de la confiance placée dans le GNV, la capitale alsacienne a même procédé cette année au remplacement des premières bennes à ordures ménagères qui avaient été mises en service dès 2001-2002. Détenant déjà une flotte de 19 bennes GNV sur un parc total de 80, la capitale régionale prévoit d’avoir achevé la conversion au GNV de ces véhicules au 1er janvier 2025.

Désireuse de répondre aux attentes de la population quant à la diminution de la pollution locale, Grenoble Alpes Métropole a, pour sa part, également fait le choix du GNV, une technologie présentée comme mature.


À telle enseigne, qu’au-delà de la centaine de bus qu’elle met déjà en œuvre, elle a lancé le 17 mars 2020 un nouvel appel d’offres portant sur l’acquisition en plusieurs tranches de 55 bus supplémentaires fonctionnant au GNV. La métropole est également volontariste sur les bennes à ordures ménagères. « Débutée en 2017, la conversion du parc est déjà bien engagée puisque 35% de ces véhicules seront alimentés au GNV d’ici fin 2020. Tous ces véhicules profiteront, à terme, de la production locale de BioGNV, le réseau de stations devant encore s’étendre avec la mise en service d’ici à 2022 d’une nouvelle unité de production alimentée avec des déchets alimentaires », se félicite Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole. Cet équipement complètera celui de la station d’épuration retraitant des boues. Le BioGNV en résultant est injecté depuis 2016 dans le réseau de distribution des bus urbains et dans celui des bennes à ordures ménagères depuis 2018.

Ainsi, grâce à la mise en place progressive de la ZFEM, plus aucun habitant de la métropole ne sera soumis à un dépassement des seuils réglementaires. Les émissions d’oxyde d’azote auront, à elles seules, diminué de 75% par rapport au diesel (situation de référence de 2017). Elle aura également un effet bénéfique sur la réduction des nuisances sonores, des émissions de particules fines et de gaz à effet de serre en favorisant le développement des énergies renouvelables comme le BioGNV précité.

 

Des plans massifs en faveur du GNV

à Troyes, le maire et président de l’AMF François Baroin a fait le choix du GNV car il s’inscrit dans le cadre de la reconstruction à venir du dépôt de bus de l’agglomération. Ce dernier, implanté sur une ancienne friche industrielle acquise par Troyes Champagne Métropole, permettra d’y implanter une station d’avitaillement publique. Celle-ci sera mixte puisqu’elle alimentera aussi bien les bus urbains en charge lente que les véhicules poids-lourds en charge rapide. Surtout, elle sera alimentée, pour partie, par du BioGNV produit localement, ce réseau se renforçant dès cette année avec la mise en service d’une nouvelle unité utilisant les boues d’une station d’épuration proche du nouveau site.

Ainsi, le réseau de bus urbain alimentés au GNV va pouvoir s’accroître. Il est composé, pour l’heure, de trois bus acquis d’occasion auprès d’IVECO Bus. Ce sont ces mêmes véhicules – deux de 12 m de longueur et un de 18 m – qui ont permis de débuter une expérimentation au cours du 1er semestre 2019. « La clientèle s’est appropriée rapidement ces nouveaux bus tandis que les conducteurs ont dû simplement adapter leur conduite en raison du couple différent au démarrage », indique Jean-Pierre Gyejacquot, directeur général du réseau de Transports en Commun de l’Agglomération Troyenne (TCAT). Avant de poursuivre : « nous prévoyons la livraison d’une quinzaine de véhicules courant 2022, ce rythme étant poursuivi au cours des trois années suivantes. Tant et si bien que 50% de notre parc de bus urbain sera alimenté au GNV/BioGNV d’ici à la fin de l’année 2025 ». 

Les ordures ménagères de l’agglomération profiteront également de ce mouvement de conversion à partir de 2022, date à laquelle la station d’avitaillement publique précitée deviendra opérationnelle.

Les actions menées par Dracénie Provence Verdon Agglomération font également la part belle au GNV. Déjà, toute sa flotte de véhicules légers sera convertie au gaz et, minoritairement, à l’électrique d’ici la fin 2020. C’est un même mouvement qui a été initié en février 2020 avec l’amorce du renouvellement des onze bus urbains. Ces véhicules GNV permettront de réaliser une économie de carburant de l’ordre de 30 000 euros par an.

C’est donc une conversion d’ampleur alliée à celles mises en œuvre par Beltrame et Pizzorno Environnement qui est actuellement menée dans ce territoire. Elle devrait permettre d’atteindre à cette même échéance de la fin de l’année une réduction de 8% des émissions de CO2, de 96% des émissions de particules et de 53% des émissions d’oxyde d’azote.

Cette conversion du parc s’accompagne de la mise en place d’un réseau de stations d’avitaillement. Il a vu le jour le 4 juillet 2019, date de l’inauguration de Dragui-Gaz. Cette station avitaille depuis, prioritairement, les 112 véhicules que les deux partenaires de l’opération – Beltrame et Pizzorno Environement – ont mis en place pour ce projet. Ils se décomposent en 85 autocars GNV pour assurer le transport interurbain et scolaire pour le compte de Dracénie Provence Verdon Agglomération, huit tracteurs GNC pour le transport des déchets et vingt bennes à ordures ménagères.

Situé à Puget-sur-Argens, une seconde station, publique cette fois, a été inaugurée le 12 mars 2020. 

Enfin, et comme le révèle Olivier Audibert-Troin, président de Dracénie Provence Verdon Agglomération, « nous réfléchissons à la mise en place d’une station de biométhanisation à l’horizon de trois ans. Le biométhane produit sera issu de la survalorisation de nos déchets ».

Une impulsion décisive

Un temps en retard par rapport à ses homologues européens comme l’Italie et l’Espagne, la France met à présent les bouchées doubles pour se doter d’un large réseau de stations GNV.

Déjà, il en existe près de cent-cinquante et cent-vingt-huit autres sont en projet ou en réflexion. C’est là le fruit, pour partie, du lancement en juillet 2016 par l’Etat et l’ADEME d’un appel à projets « Solutions intégrées de mobilité GNV ». Visant à stimuler le déploiement sur le territoire de stations de distribution et de véhicules au gaz naturel s’y approvisionnant, cet appel à projets s’est concrétisé par l’annonce le 11 janvier 2018 de la sélection de huit dossiers représentant la création de 100 nouvelles stations au cours des quatre prochaines années. Ces huit projets sélectionnés représentent plus de 381 millions d’euros d’investissements dont 30 millions d’euros d’aides de l’Etat. « Ce dispositif permet », selon l’ADEME, « d’impulser une dynamique décisive en vue d’atteindre les ambitions européennes et nationales d’utilisation de carburants alternatifs, source de réductions d’émissions ».

 

Développement exponentiel du maillage territorial des stations d’avitaillement

Parmi les acteurs concourant au développement exponentiel de ce maillage territorial figure incontestablement Total Marketing France. Au-delà des quatorze stations dont une privative déjà opérationnelles, la filiale du Groupe Total projette d’en ouvrir cent-dix supplémentaires d’ici à 2025. Comme le confirme Isabelle Drevon, Business Developer GNC chez Total Marketing France, « Il y a une ambition très forte de la part du groupe de faire émerger les stations et le carburant alternatif qu’est le GNV. Nous proposons donc, à cette fin, à nos clients une offre clés en main. Elle comprend à la fois la conception, la construction et le financement de la station. Nous assurons, par ailleurs, la maintenance et l’exploitation des stations publiques que nous réalisons ».

Au sein d’un secteur où les différents acteurs ont plutôt tendance à être complémentaires au plan des zones couvertes, Proviridis se distingue également. Avec Gaskid, le groupe entend répondre, en effet, aux besoins des entreprises qui démarrent dans le GNV. « Il existe une très forte demande pour ce concept de stations que nous avons déjà développé pour deux transporteurs. Le coût d’investissement est compris entre 140 et 180 000 euros, soit le coût d’acquisition d’un véhicule GNV », explique Eric Ronco, président du Groupe Proviridis & V-GAS.

Figurant désormais dans le trio de tête des installateurs français, Proviridis prévoit de poursuivre son développement au rythme de quatorze à quinze stations par an. L’une des dernières en date à avoir été inaugurée est celle de Puget-sur-Argens (Var). Fruit d’un partenariat avec le groupe Beltrame, elle distribue notamment depuis mars 2020 du BioGNV issu de la production de Biogaz de la CAVEM (Communauté d’Agglomération Var Estérel Méditerranée).

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