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Occitanie

L’ Occitanie améliore l’offre de transport avant de proposer un MaaS.

 

Entretien avec Christophe Bazzo, directeur général délégué Infrastructures et Mobilités en Région Occitanie

 

 

Mobily-Cités : Comment s’articulent les réseaux de transport transfrontalier ? 

 

Christophe Bazzo : En 2018, nous avons engagé une expérimentation en autocar dans le Val d’Aran en opérant une ligne régulière dans le cadre d’une régie. Elle relie Saint-Gaudens à Vielha à raison de cinq allers-retours quotidiens. En 2020, 11 000 voyageurs ont emprunté cette ligne.

Sur ce territoire marqué par l’importance des flux France-Espagne pour des motifs de loisirs et professionnels, nous incitons au report modal.  C’est une région montagneuse, hormis la météo, il n’y a malheureusement pas d’obstacle à l’usage de la voiture.

Occitanie est également engagée sur le projet européen Trails (TRAnsnational Intermodal Links towards Sustainability) qui porte sur le développement de navettes routières entre la Cerdagne et la Catalogne. À l’extrémité de la ligne ferroviaire entre Villefranche de Conflent et Latour-de-Carol, se trouve un hub permettant de passer du réseau français au réseau espagnol. Cette caractéristique vaut à Latour-de-Carol de posséder le statut de gare internationale. Nous avons travaillé sur les durées des correspondances pour améliorer les temps de parcours et faciliter les échanges entre la ligne de l’Ariège et la ligne de la Cerdagne. 

La gare de Latour-de-Carol est desservie par deux lignes : une en provenance de Perpignan, l’autre de Toulouse. Nous avons élaboré un graphique horaire lors du service annuel 2019 qui fonctionne bien avec des temps de correspondances réduits de deux heures à 20 minutes. Cependant, la SNCF fait moins bien qu’avant sur cette ligne. Auparavant, les accords entre SNCF et Renfe permettaient de voyager avec un titre unique entre Toulouse jusqu’à Barcelone via Latour-de-Carol. Ces accords n’ayant pas été renouvelés il y a six ans, les passagers doivent acheter les deux billets séparément. Avec la digitalisation, il possède les billets sur son smartphone, cependant, la correspondance n’est plus garantie en cas de retard.

La question transfrontalière relève d’une entente entre la France et l’Espagne et se traduit par des TGV directs entre Toulouse-Barcelone et Montpellier-Barcelone.

 

Mobily-Cités : Vous avez lancé en 2016 les États généraux du rail et de l’intermodalité, quelles sont les avancées des chantiers ?

 

Christophe Bazzo : L’engagement d’Occitanie dès sa création a été d’organiser les États généraux du rail et de l’intermodalité. 40 réunions publiques se sont tenues en 80 jours. De cette concertation un rapport a été publié dans lequel figurent dix chantiers prioritaires et un onzième chantier sur l’innovation. L’un d’eux porte sur le développement de l’offre ferroviaire qui a augmenté de 11%.  Pour relier directement les anciennes régions Languedoc et Pyrénées, nous avons lancé un service ferroviaire direct entre Toulouse et Perpignan (5 A/ R quotidiens). Cet axe revêt une forte dimension loisirs. Pour les déplacements du quotidien, une densification des services a été apportée autour de Montpellier et de Toulouse. Agir au service des mobilités fait partie de l’ADN du territoire.

Au-delà des grandes métropoles, la région très enclavée et le transport public s’avère indispensable. L’enjeu consiste à raccrocher les territoires ruraux à l’agglomération toulousaine et au cordon littoral méditerranéen. Le sujet le plus compliqué porte sur la desserte de la zone du Massif Central qui souffre d’un déficit d’offre en raison de la mauvaise qualité de l’infrastructure. La ligne de l’Aubrac, entre Béziers-Clermont Ferrand, n’offre pas le niveau de performance attendu et souffre de la concurrence de l’A75, une autoroute gratuite. Autre élément clé issu des États généraux du rail et de l’intermodalité, la mise en place de du dispositif de financement pour les Pôles d’Échanges multimodaux. 60 PEM sont en cours de réalisation avec des aménagements plus ou moins coûteux. À Castres, la gare SNCF était éloignée de la gare routière, en plein centre ce qui rendait impossible toute correspondance. Lors de la création des PEM, nous avons déplacé les gares routières de Castres, de Rodez, de Foix et d’Auch.

Les États généraux ont incité à la réouverture, à la redynamisation de six lignes ferroviaires en Occitanie: Luchon-Montréjeau, Carcassonne Limoux Quillan, Rodez Sévérac-le-Château, Alès-Bessèges, le train jaune, la rive droite du Rhône entre Nîmes et Pont Saint-Esprit.

 

Mobily-Cités : Enfin, sur le volet du MasS, mobilty as a service, quels sont les services offerts par la région ? 

 

Christophe Bazzo : Sur le sujet du MaaS, nous avons engagé réflexion avec nos collègues de Montpellier et Toulouse. C’est un travail considérable d’agréger et d’organiser les données.  Avant d’aller sur le MaaS, il faut au préalable avoir une offre de transport de qualité à promouvoir, d’être meilleur sur notre réseau de transport ! Dans le meilleur des cas, nous proposons des fréquences de 15 mn. Nous ne sommes pas encore prêts sur ce sujet.

 

Mobily-Cités : Comment l’Occitanie s’est adaptée aux nouvelles habitudes de déplacement induites par la pandémie ? 

 

Christophe Bazzo : Nous manquons de recul. Nous ne savons pas si le télétravail va durer et à quelle fréquence.  À la sortie du confinement, les élus régionaux ont développé une politique tarifaire agressive. Certes, nous avons perdu des recettes mais quasiment pas de voyageurs. La Région a mis sur le marché plus d’un million de billets de trains à un euro en 2020 et ce, quelle que soit l’origine et la destination en Occitanie. Cependant, je dois admettre que nous sommes toujours en sous régime.

 

Propos recueillis par Laurie Maneval

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