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Région Grand-Est

Région Grand Est investit dans la création d’un réseau express métropolitain transfrontalier   

 

Les mobilités transfrontalières sont un enjeu majeur pour Grand Est, seule région française située à la frontière de quatre pays : la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse. Entre l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires de voyageurs et les accords inter étatiques, l’augmentation de capacité, la Région s’est donnée, lors du Grenelle des Mobilités en Lorraine en octobre 2020, comme ambition de lancer un réseau express métropolitain transfrontalier.     

 

Historiquement dotée d’un réseau ferré très dense, la Région Grand Est s’est fixée comme objectif de devenir la première région française en termes de développement ferroviaire régional en misant sur le développement de l’offre sur les axes Strasbourg-Mulhouse-Bâle et sur le sillon lorrain. « Avant la pandémie, quelque 170 000 voyages quotidiens étaient comptabilisés, soit une fréquentation trois fois supérieure à la Région Nouvelle-Aquitaine », se targuent les services mobilités de la Région Grand Est (Alsace Champagne Ardenne Lorraine). Aujourd’hui, ils doivent relever un défi de taille, retrouver les niveaux d’avant Covid. La pandémie ayant eu un impact retentissant sur la fréquentation voyageurs en chute de 50%. Les élus régionaux ont voté en janvier 2021 un plan de relance des mobilités qui passe par une augmentation de près de 6% de l’offre de transports ferroviaires notamment aux heures creuses : en journée et les week-end. La Covid ayant modifié les usages des déplacements du quotidien avec deux à trois jours par semaine de télétravail, nul besoin d’augmenter l’offre aux heures de pointe.  

 

500 M€ d’investissements dans le ferroviaire au cours des dix ans à venir

 

Grand Est touchée par un réseau ferré vieillissant s’est donnée comme ambition de rouvrir les lignes Nancy-Vittel en 2025 et Épinal-Saint-Dié en 2022. La Région, qui fonde de grands espoirs sur l’ouverture à la concurrence des voyageurs pour faire chuter les prix du billet, annonce une réforme tarifaire afin de rendre l’offre plus lisible. Aujourd’hui, la région patine, freinée par la complexité de la grille tarifaire. « Des mobilités lisibles : harmoniser et innover pour faire simple », c’est l’un des huit chantiers inscrits à l’issue du deuxième Comité de Pilotage du Grenelle des Mobilités en Lorraine qui s’est tenu à Épinal en octobre 2020. Autre axe fort, construire la mobilité transfrontalière de demain notamment pour faciliter le quotidien des travailleurs qui empruntent le train.

 

Grand Est concentre 44% des travailleurs transfrontaliers

 

La région Grand Est est la plus concernée en métropole par le travail frontalier. Parmi les 370 000 personnes résidant sur le territoire métropolitain et déclarant travailler dans un pays frontalier, 164 200 se trouvent dans la région Grand Est (44%). Soutenue par la France et le Luxembourg, le Conseil Régional investit pour augmenter les fréquences sur l’axe Metz-Thionville-Luxembourg et offrir dans 10 ans dans un service de RER transfrontalier. L’ambition étant de proposer un train toutes les 10 mn contre 15 actuellement. En parallèle, des travaux d’allongement des quais sont programmés en prévision de l’achat de trains longs de grande capacité (deux niveaux). 500 M€ seront engagés au cours des dix ans à venir pour redynamiser le transport ferroviaire.

La Suisse occupe également une place stratégique dans le réseau régional, en particulier sur l’axe Mulhouse-Saint-Louis-Bâle. L’ambition étant de faire arriver le train au pied de l’EuroAirport Bâle-Mulhouse-Fribourg d’ici une dizaine d’années. Une nouvelle ligne ferroviaire de 6 Km devrait donc voir le jour pour faciliter les déplacements des voyageurs et salariés de l’aéroport.  La zone aéroportuaire n’est aujourd’hui accessible qu’en voiture et par des offres de navettes et de bus. Il est desservi par la route douanière et par l’autoroute A35, régulièrement saturées aux heures de pointe.

12 minutes contre 32 minutes Mulhouse et l’EuroAirport

Sept autorités organisatrices de transport se sont réunies au sein de Trireno, ou « RER trinational de Bâle », afin de développer et coordonner l’offre de « RER » transfrontalière qui correspond pour la France à l’offre TER. Celle-ci prévoit une desserte directe à l’EuroAirport depuis plusieurs communes françaises et suisses (dont Bâle, Mulhouse et Strasbourg). Le réseau de tramway de l’agglomération est également en extension avec en particulier la poursuite de la ligne 3 du tramway au-delà de la gare de Saint-Louis, en exploitation depuis décembre 2017, jusqu’à la zone du Technoport et l’EuroAirport. Le temps de trajet entre Mulhouse et l’aéroport sera de 12 minutes contre 32 minutes actuellement et entre Bâle et l’aéroport de 10 minutes contre 18 actuellement. 5,8 millions de déplacements en lien avec l’EuroAirport en 2027.

Fin 2020, appel d’offres franco-allemand

Le troisième dossier d’actualité transfrontalier porte sur l’amélioration de la mobilité entre la France et l’Allemagne.  Grand Est compte près de 760 km de frontières dont 450 km de frontière franco-allemande. En 2019, Rhénanie-Palatinat et Grand Est signaient un accord pour améliorer la liaison Metz-Perl-Trèves afin de mettre en place une desserte cadencée et attractive. Elle fait suite à une première résolution signée entre la Région Grand Est et la Sarre en novembre 2018 (portant sur cette même ligne).

Fin 2020, les deux pays ont lancé un appel d’offres commun destiné à augmenter sensiblement l’offre ferroviaire sur sept lignes. L’investissement de 375 M€ (financé aux deux tiers par la France et la Région Grand Est) et pour un tiers par trois régions allemandes porte sur l’achat de 30 trains supplémentaires dont la mise en service est prévue pour 2025. Des matériels ferroviaires transfrontaliers conçus spécialement par Alstom pour être compatibles sur les réseaux ferroviaires français et allemand.

L’ambition étant d’ouvrir la voie à de nouveaux opérateurs ferroviaires.  Par ailleurs, les partenaires se sont engagés à améliorer l’information aux voyageurs transfrontaliers ainsi que les tarifications transfrontalières et combinées avec les réseaux de transports publics locaux. De gros progrès sont attendus pour améliorer la billetique. Raison pour laquelle une réflexion est en cours pour améliorer le système tarifaire avec le Rhin supérieur, la Grande Région et la Champagne-Ardenne/Wallonie. Quant au Mécanisme européen d’interconnexion, il devrait permettre à l’Allemagne et à la France de lancer des études portant sur la réouverture de l’ancienne ligne ferroviaire Colmar Strasbourg à horizon 2026/ 2027.

Laurie Maneval

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