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Jean-Luc
Fugit
Député du Rhône, Président du Conseil National de l'Air
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La neutralité carbone 2050 est un objectif que nous devons tous partager, qui nous demande d’aller vers plus de sobriété énergétique et de produire moins de CO2 dans tous les secteurs de notre économie.

 

En France, le secteur des transports alors qu’il représente près de 30% de nos émissions de gaz à effet de serre a entamé une profonde mutation. Une transformation des mobilités portée par la nécessité d’une trajectoire ambitieuse pour en réduire l’impact climatique et sanitaire mais aussi une trajectoire soutenable pour une mobilité plus inclusive et en adéquation avec les besoins de nos concitoyens adaptés aux territoires sur lesquels ils vivent.

 

Un horizon d’actions

 

Promulguée fin 2019, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) a permis de remettre la question des mobilités au centre des enjeux politiques nationaux. En fixant un horizon d’actions, des échéances progressives et en donnant aux collectivités, aux entreprises et aux citoyens des moyens d’actions pour y parvenir, elle va nous permettre d’installer de nouveaux usages. En tant que rapporteur du volet «Développer des mobilités plus propres et plus actives» et plus généralement en tant que président du Conseil National de l’Air, j’ai souhaité que ce texte engage notre pays sur une trajectoire progressive de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des émissions de polluants de proximité, particulièrement nocifs pour notre santé comme les oxydes d’azote et les particules fines.  

La LOM, nous l’avons pensé comme une boîte à outils évolutive dans le temps. La mise en place d’un forfait mobilité durable, le verdissement des flottes des véhicules de l’Etat, des collectivités et des entreprises, la fin de la vente des véhicules neufs utilisant des énergies fossiles d’ici à 2040, une plus grande place accordée au vélo et au train, sont autant de leviers pour réduire l’empreinte environnementale des transports. Les Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFEm), introduite par la LOM, élargies et renforcées par la loi Climat et Résilience permettront d’améliorer la qualité de l’air que respirent les habitants situés dans les territoires les plus pollués.

 

Développer les énergies alternatives 

 

Avec la sortie progressive des énergies fossiles, l’industrie des transports doit se réinventer ! Ce qui est déjà en partie le cas, avec l’arrivée sur le marché d’énergies et de technologies alternatives moins impactantes pour notre climat et notre santé.  Electricité, biogaz, biocarburants avancés, hydrogène, les solutions sont déjà là, certes avec des degrés de maturité différente, avec des verrous technologiques et réglementaires qu’il faut encore lever. Certaine comme le biogaz, produit localement, apporte de nombreuses externalités positives, notamment pour le monde agricole dans une vraie logique d’économie circulaire Et puis, il y a l’hydrogène décarboné ! Un vecteur énergétique devenu incontournable aujourd’hui et dont le potentiel réel, via une massification de sa production nous permettra de décarboner l’industrie, le bâtiment et naturellement les transports. L’hydrogène doit d’abord répondre à des usages pour la mobilité lourde et longue distance.

En tant que scientifique, je suis très attaché à ce que nos chercheurs puissent avoir les moyens, en France, de mener leurs travaux et de contribuer aux innovations qui demain permettront de rendre nos mobilités toujours plus propres.

 

Les territoires en chef d’orchestre

 

Les outils législatifs ou réglementaires qui accompagnent les territoires dans la transition de leur mobilité, pour être efficients, doivent être corrélés à des dispositifs d’incitation et de soutien supplémentaires pour rendre ces nouvelles mobilités accessibles à tous. Les mesures actuelles mise en œuvre par l’Etat (bonus écologique, prime à la conversion, surprime pour les ZFEm, ou encore le microcrédit mobilité propre pour les ménages très modestes…) et par certaines collectivités vont dans le bon sens.  Et puis je ne peux qu’inviter les collectivités et tous les acteurs de la mobilité en général, à se saisir de la démarche partenariale et collective mise en place par l’Etat et baptisée France Mobilités qui permet, depuis deux ans, de soutenir l’expérimentation et le déploiement des projets concrets répondant aux besoins de mobilités des citoyens.

 

 

Si j’aime à répéter que la mobilité totalement propre n’existe pas ! Nous avons en France le potentiel technologique et la volonté politique pour accompagner cette transition des mobilités. Le secteur des mobilités comme le secteur du bâtiment, de l’agriculture et de l’industrie doit prendre sa part de responsabilité pour réduire nous émissions de GES et améliorer la qualité de l’air que nous respirons : notre bien commun à tous !

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