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A. Giana (ATM) : «Pourquoi nous nous intéressons aux transports publics français»

L’italien ATM, exploitant du métro de Milan, a décidé de s’implanter sur le marché français. Il est candidat à l’exploitation de lignes de bus en Ile-de-France et de celles du Grand Paris Express. Son directeur Arrigo Giana, explique la stratégie en exclusivité à Mobily-Cités. Propos recueillis par Marc Fressoz

Mobily-Cités : Pourquoi ATM a-t-il décidé de venir en France ?

Arrigo Giana : Nous avons besoin de croître car nous voulons devenir un acteur important en Europe. En taille, les trois opérateurs français sont loin devant nous. Nous avons donc choisi de grandir en dehors d'Italie car le marché italien est assez fermé. Mais nous le faisons en ciblant des marchés pertinents sur lesquels ATM peut apporter aux autorités organisatrices l’expertise qu’il a développée. Cela a été le cas à Copenhague, où nous sommes exploitants de 4 lignes de métro dont l'une est en réalité un train léger, ce qui fait de nous le premier opérateur privé de transport public au Danemark et le deuxième exploitant de métro automatique en Europe en termes de kilomètres, avec plus de 50 km de lignes. Nous avons également des ambitions dans la région du Golfe persique où nous attendons les résultats d’un appel d'offres sur un marché de bus.


Quels sont vos actionnaires ?

ATM est détenue à 100% par la Ville de Milan, mais nous avons un statut d'entreprise privée indépendante dans laquelle les élus n’ont aucun rôle dans la gestion de la société. La ville nous a séparé et a organisé un appel d'offres que nous avons remporté il y a dix ans. Nos statuts nous permettent de nous projeter à l’extérieur de Milan, notre modèle étant d’exploiter des délégations de service public sans investir des capitaux pour acheter des bus ou des trains. Nous ne prévoyons pas de racheter des compagnies par exemple.


Vous êtes donc positionné sur le marché du super métro d’Ile-de-France…

En effet, le Grand Paris Express nous a offert une opportunité en France d’utiliser nos compétences en matière de gestion de métro automatique. Nous avons répondu aux marchés de l’exploitation des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express en étant associé à Egis, un partenaire de qualité. Il nous a semblé plus pertinent de faire équipe avec un partenaire français qui connaît bien la gestion des infrastructures. Cela dit, le modèle d’exploitation des lignes du Grand Paris est différent de celui que nous connaissons à Milan, où nous effectuons la maintenance des rames et de l’infrastructures, ce qui n’est pas le cas sur le métro du Grand Paris Express, où l’opérateur n’est pas responsable de l’infrastructure.


Avez-vous des ambitions sur le marché des bus urbains ?

C’est un domaine dans lequel nous pouvons apporter aux autorités organisatrices françaises notre expérience d’exploitation du réseau de Milan, un réseau urbain très dense et dont nous assurons la transition énergétique. De nombreux appels d’offre sont en cours et nous sommes en train de les analyser pour décider ce que nous allons faire et pour nous organiser sachant que la réponse à tous ces marchés représente un engagement important. Nous sommes déjà candidats, seuls cette fois-ci, pour exploiter différentes lignes de bus mises en jeu par Ile-de-France Mobilités. Je ne peux pas rentrer dans les détails, mais les premiers résultats devraient être connus dans quelques mois. Nous regardons également les opportunités qui peuvent exister dans les grandes métropoles en France.


En Italie, les professionnels de votre secteur estiment que la crise du financement rend inévitable une concentration entre opérateurs de transports urbains. Comment voyez-vous les choses ? Y aura-t-il des rachats entre compagnies ?

Le secteur est très éclaté, comme on dit chez nous, il y a mille clochers et mille opérateurs. Je pense que l’Etat devrait favoriser le regroupement d’opérateurs et que cela pourrait se faire par le biais de la Caisse des dépôts et des prêts. La certitude, c’est que tout le monde souffre de la suite de la crise du Covid. A Milan, le trafic est en recul de -25 à - 30% par rapport à la normale. En Italie, 2022 sera très rude car jusqu’ici, le Gouvernement ne compense pas les pertes dues à la baisse du trafic. Mais nous mettons en œuvre des stratégies d’adaptation pour réduire les coûts d’exploitation sans réduire l’offre, par exemple en déployant des bus plus petits là où la fréquentation est moindre. La période est difficile mais elle peut permettre aux opérateurs de réfléchir avec les autorités organisatrices à des solutions qui innovent pour faire revenir le public dans les transports en commun.







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