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A Vichy, les Régions réclament une révolution du rail


A la veille du Congrès des Régions de France, Carole Delga a fait paraître dans le Monde une tribune vantant en même temps un «choc tarifaire» avec la gratuité sur les trains du quotidien, et un effort d’investissements dans l’infrastructure, indispensable au développement d’une offre de qualité. S’il est certain que les présidents de Région réunis à Vichy les 15 et 16 septembre ne partagent pas tous les choix politiques de la présidente de leur association sur la gratuité, leur soutien à un renouveau du rail ne fait aucun doute. Face aux urgence climatiques, économiques et énergétiques, ils approuvent la volonté du président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, de doubler l’offre ferroviaire. Mais les élus mettent garde contre la tentation «de faire appel aux Régions pour faire x2», comme le souligne Frédéric Aguilera, maire de Vichy et vice-président de la région Auvergne Rhône-Alpes. Les président de Régions attendent de l’Etat un effort significatif dans le financement du réseau, mais aussi et surtout «un nouveau pacte économique sur le ferroviaire», déclare Carole Delga. Autorités organisatrices des TER et de la mobilité décarbonée, qu’elles financent largement (la mobilité représente un quart des dépenses des Régions), «les Régions tirent leurs ressources d’une fiscalité assise sur l’automobile et les déplacements carbonés (cartes grises et TICPE). Cherchez l’erreur!», renchérit François Bonneau, président de la Région Centre Val de Loire. «Si les choses ne sont pas corrigées en urgence, on risque de voir la même chose sur le rail que dans le nucléaire», ajoute Laurent Wauquiez, président d’Auvergne Rhône-Alpes. La nouvelle ère de décentralisation réclamée par les Régions passe par le rail.

Avec l’inflation et la hausse des coûts de l’énergie, il va manquer 1 à 2 Md€ aux Régions pour financer leurs missions de transport, alors qu’elles ont perdu «800 M€ de dotations au cours du mandat précédent», poursuit Carole Delga. Le ministre des Transports, Clément Beaune, a tenté de rassurer lors d’une table-ronde consacrée au financement des infrastructures, rappelant que de nouveaux outils sont disponibles : emprunts à long terme, sociétés de projet, mais aussi mutualisation du matériel roulant et recours à la nouvelle Rosco fondée par la Caisse des Dépôts et Akiem. Il a même avancé l’idée d’une évolution du Versement mobilité, dont une part pourrait être versée aux Régions, contrariant au passage les représentants des AOM urbaines, eux aussi soucieux de préserver leurs ressources. Attendue pour la clôture du Congrès, vendredi 16 septembre, la Première ministre, Elisabeth Borne, saura-t-elle rassurer les élus? Elle, qui a qualifié le rail de «colonne vertébrale de la mobilité» et ne peut ignorer les enjeux, aura-t-elle un signal positif à donner ou faudra-t-il attendre les débats budgétaires et la conclusion des contrats de plan ? «La stratégie ferroviaire doit s’inscrire dans la durée et dans une planification de long terme», estime Jean Rottner, président de la région Grand Est. A l'instar de Carole Delga, tous veulent des engagements concrets sur la décentralisation et la révolution ferroviaire.

Sandrine Garnier

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