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Ce que les acteurs du transport attendent d’Élisabeth Borne Première ministre



«Jamais Premier ministre n’a été plus au fait des enjeux des transports publics.» La réaction du Gart à la nomination le 16 mai d’Élisabeth Borne à Matignon résume bien les espoirs que place en elle le secteur du transport dans son ensemble. Ancienne ministre de l’Environnement, ex-ministre des Transports, ancienne PDG de la RATP passée auparavant par la SNCF, son profil satisfait les acteurs, et particulièrement les femmes, qui applaudissent la promotion de l’une d’entre elles à un poste prestigieux. Hasard du calendrier, quelques heures après l’annonce du gouvernement, la RATP organisait une soirée interne salle Pleyel à Paris, qui a permis à Catherine Guillouard de manifester sa grande joie, pour sa prédécesseur, pour le secteur et aussi pour le groupe RATP. Lors du quinquennat précédent, Élisabeth Borne avait modelé un cadre législatif permettant à l’entreprise publique d’amortir le choc de l’ouverture à la concurrence.

Sans attendre la nomination d’un ministre des Transports, le Gart a foncé pour lister dans un communiqué ses revendications récurrentes, souhaitant qu’elles «soient à l’ordre du jour des travaux du gouvernement»: un plan étatique de 5 Md€ pour la mobilité du quotidien, une TVA à 5,5%, la sanctuarisation du versement mobilité, la transformation des avances liées au Covid en subventions, etc. Moins vindicative, l’UTP a pensé à formuler sur twitter ses «félicitations» à la Première ministre. «Sa connaissance des transports, du social, de la transition écologique est une bonne nouvelle», apprécie l’organisation patronale.

Candidate malheureuse à la présidentielle face à Emmanuel Marcon, Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, espère qu’une connaisseuse du transport, «très intelligente» et dotée d’«une immense capacité de travail» viendra à l’aide d’une grosse autorité organisatrice confrontée à d’importantes difficultés financières. Ses attentes: une TVA à 5,5%, des moyens permettant à la SNCF de moderniser le RER, le principe d’une dotation de 1 Md€ par an pour faire fonctionner le Grand Paris Express.

Dans le secteur des modes actifs, les acteurs de la bicyclette sont particulièrement heureux, à l’instar du président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Olivier Schneider, l’un des rares protagonistes des transports à avoir eu une influence directe sur l’ex-ministre (elle a donné des moyens importants pour faire décoller le vélo) est plein d’espoir. «Quand Élisabeth Borne avait la charge de ces dossiers [écologiques], elle passait son temps à se faire retoquer par Bercy ou à subir des arbitrages négatifs de Matignon. Mais désormais, c'est elle qui sera aux manettes...» Aux manettes pour gérer une multitude de dossiers empoisonnés: pouvoir d’achat, réforme des retraites, déficits publics, sauvetage des services publics, restructurations industrielles etc. Il n’y a pas que les transports à être au bord du gouffre.

Marc Fressoz



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