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Comment Go-Ahead veut s’implanter à Paris



Cap sur la croissance internationale et notamment sur la France, avec Lacroix-Savac: c’est le mot d’ordre du groupe britannique Go-Ahead, un poids lourd du secteur de l’autocar en Europe (4,1 Md€ de CA sur le dernier exercice 2021-22) présent dans six pays (Royaume Uni, Allemagne, Irlande, Suède, Norvège, Singapour­), également exploitant de trains régionaux. Ses nouvelles cibles: Europe centrale, Canada, Amérique latine, Asie, etc. «Cette fois pour se développer, Go-Ahead mise sur des associations avec des opérateurs locaux, et non sur une implantation ex nihilo, cela s’est révélé trop risqué et coûteux», expose Louis Rambaud, un ex-Transdev fraîchement bombardé directeur de la stratégie et du développement Go-Ahead. Lequel est présidé par l’Allemand Christian Schreyer, qui fut jusqu’en 2021 un des dirigeants de…Transdev.

En juillet, un déplacement à Londres a servi à afficher devant quelques journalistes la bonne entente entre Lacroix-Savac et Go-Ahead. «Ce sont eux qui nous ont contactés fin 2021», indique Stéphane Bonneau, directeur du développement de l’autocariste français, également passé chez Transdev (une bonne école décidemment !). «Nous voulions un acteur qui connaisse bien le secteur et les autorités organisatrices », indique le Britannique. Marché visé, celui des lignes RATP de Paris et de sa petite couronne en 2025. S’ils refusent d’en dévoiler les détails, leur association pourrait prendre la forme d’une co-entreprise à 50-50. Et pour la suite? «Il n’est pas question d’un rachat de Lacroix-Savac par Go Ahead», répondent les deux entreprises.

Quels sont les atouts du Britannique? Celui qui exploite 25% des bus de Londres met en avant sa souplesse, le siège aux effectifs limités laissant une grande autonomie aux dirigeants régionaux. Au centre de supervision qui surveille le trafic, «les opérateurs sont tous d’anciens conducteurs, ils connaissent donc parfaitement le métier, et cela facilite la gestion des problèmes sur les lignes», détaille Richard Harrington, directeur des opérations à Londres. Autre illustration: réussir à caser comme dans le jeu Tetris 46 bus dans le dépôt exigu de 10 000 m2 de Waterloo, en les positionnant en fonction de leur temps de recharge, leur ordre de sortie. Go-Ahead vante aussi son expérience dans la gestion d’une flotte de bus électriques (des BYD), le site de Waterloo étant électrifié depuis 2016.

Son arrivée en France promet un choc des cultures. Go-Ahead véhicule une approche anglo-saxonne décomplexée vis-à-vis de l’argent quand en France, un opérateur qui dégage trop de bénéfices avec les deniers publics est parfois regardé de travers. De First à Stagecoach ou National Express, tous sont cotés en bourse. «L’action Go-Ahead est celle qui a le mieux résisté à la crise du Covid et nous voulons encore augmenter la rentabilité du groupe», appuie Louis Rambaud, le groupe ayant sous-performé en Suède ou aux Etats-Unis. A Londres, Go-Ahead se targue de développer son business le plus profitable avec une marge opérationnelle de 7,8%. Avec Lacroix-Savac, Go-Ahead va sans doute s’acclimater aux mœurs françaises.

Marc Fressoz

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