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Comment la SNCF veut amener les campagnes dans ses petits trains


Attirer des gens et faire revenir ceux qui avaient abandonné le train en allant les chercher dans les campagnes : c’est la mission des futurs trains légers, destinés à circuler d’ici 2030 sur des petites lignes non électrifiées, dont certaines pourront même être réutilisées. L’Etat a structuré un programme de recherche pour faire naître une gamme de petits trains régionaux très légers. Début mars, il a désigné cinq projets dont deux sont pilotés par la SNCF. Celle-ci les a présentés à la presse fin mars. «Il s’agit de concevoir des trains moins chers à l’achat et moins chers en maintenance fonctionnant sur batterie», explique Carole Desnost, directrice des technologies, innovation et projets du groupe SNCF.

Il n’a pas de petit nom mais paraît très prometteur étant donné la réputation de ses concepteurs : Alstom, CAF, Thales, Faiveley, le Cerema, etc. Le Train léger innovant (en photo) est prévu pour transporter 80 personnes sur le réseau régional. L’objectif est de réduire de 30% les coûts totaux. Le budget du programme est de 90 M€. Il faudra toutefois attendre l’horizon 2029 pour monter dedans. C’est aussi le cas pour le projet suivant.

Si l’on descend d’un cran dans la gamme en termes de capacité, on trouve Draisy, un petit véhicule de la taille d’un bus développé avec l’alsacien Lohr : 30 places assises, 100 km/h sur batterie, 30 M€ de budget avec l’objectif de diviser par deux le coût au siège. Les petites lignes du réseau secondaire constitueront son terrain de jeu, mais il pourra malgré sa légèreté circuler sur le réseau principal, sans problème de signalisation (shuntage), assure la SNCF.

Enfin, hors de ce programme officiel, la SNCF s’est engagée dans une démarche disruptive, avec une sorte de gros taxi collectif, baptisé Flexy, qui laisse un peu songeur bien qu’il suscite un fort engouement médiatique. «La nouveauté c’est de faire du rail-route, ce n’est pas une navette autonome, c’est un petit véhicule sur pneu de 9 personnes avec lequel on va chercher les gens près de chez eux, et que le chauffeur peut ensuite engager sur des voies ferrées grâce à une innovation technique conçue avec Michelin», détaille Carole Desnost. Et d’ajouter que «toutes les régions la veulent». La SNCF, le manufacturier et le constructeur de navette Milla espèrent leur présenter un produit disponible après 2025.

En attendant, le groupe ferroviaire est également associé au constructeur automobile Stellantis qui, à Carquefou, près de Nantes, mène un test sur un peu moins de 3 km, qui permet de conjuger développement d’un van autonome et réutilisation d’une plateforme ferroviaire. Mais ce projet SAM soutenu par le gouvernement ne ravira pas forcément les puristes du rail puisqu’il revient à recouvrir la voie d’une bande de bitume…

Marc Fressoz



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