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Détenu par un fonds, le sous-traitant Compin délocalise ses sièges hors de France

Dernière mise à jour : 1 sept. 2022



L’industrie ferroviaire française ne sera pas le bon élève du Gouvernement, qui s’emploie à encourager la réindustrialisation du pays. Au contraire. Pour Compin, sous-traitant spécialiste de la fabrication de sièges pour les trains (TGV, TER, RER ) et les transports urbains (tram, métro, bus), l’heure est plutôt à la délocalisation. Le fonds d’investissement anglo-saxon Equistone Partners, qui contrôle le groupe depuis 2009 (il est par ailleurs actionnaire de Parkeon, devenu Flowbird) prépare un plan social qui toucherait la moitié des effectifs de l’usine historique d’Evreux (Eure).

«55 salariés sur 113 seront sur le carreau», selon la section CGT de l’usine, qui rappelle qu’«en 2010, 280 salariés et 120 intérimaires travaillaient pour Compin. Dans un communiqué du 26 août, le syndicat prête à la direction (qui ne souhaite pas s’exprimer) le projet de délocaliser définitivement la production «vers les usines du groupe Compin-Fainsa en Pologne, Espagne, Turquie». Selon la CGT, ces décisions auraient été «encouragées par les clients Alstom et SNCF».

Alors que le carnet de commandes de Compin semble satisfaisant, il est difficile de connaître la situation financière du groupe. Son actionnaire entretient l’opacité en ne publiant pas les comptes annuels de l’entité française ni de la holding Trainvest.

La région Normandie n’a pas apprécié la nouvelle. Pour elle, c’est «une trahison inacceptable de la parole donnée». En 2020, l’autorité organisatrice avait obtenu que Bombardier confie à Compin la fabrication dans l’Eure de 17 000 sièges de trains en contrepartie de l’achat de 40 rames Regio 2N au constructeur, un constructeur qu’Alstom a racheté en 2021. «Contrairement à leurs engagements, Compin a délocalisé une partie de la fabrication de certains éléments de ces sièges en Pologne», ajoute la Région présidée par Hervé Morin. Alors que 27 nouvelles rames doivent être encore livrées, le reste des sièges pourraient bien être totalement fabriqués hors de France.

La pilule est d’autant plus dure à avaler que l’Etat avait volé au secours de Compin en 2009 via le fonds croissance rail BPiFrance, qui avait épaulé Equistone Partners, pour lui permettre d’acheter Fainsa en Espagne. Aujourd’hui, cette entité semble être devenue le centre de gravité du sous-traitant ferroviaire.

Marc Fressoz

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