top of page
Rechercher

Jean Castex arrive à la tête de la RATP pour déminer les bombes sociales


On a rarement vu, ces dernières années, un(e) candidat(e) à la fonction de PDG de la RATP manifester une telle envie. Et ce alors que l’entreprise n’a jamais été aussi démoralisée et déboussolée. «C’est justement parce que c’est difficile qu’il faut y aller», explique-t-il.

La voie est désormais libre pour Jean Castex. Il a obtenu le feu vert du Parlement qui l’a auditionné les 8 et le 9 novembre. Bien sûr, l’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron n’a pas fait l’unanimité, (34 voix pour, 19 contre à l’Assemblée ; 18 voix pour, 8 contre au Sénat).

Mais sur le fond, déjà parfaitement au point sur les enjeux, Jean Castex a fait une démonstration brillante qui laisse peu de doute sur son épaisseur pour la fonction. «Il a été très bon, apprécie le député PC de Seine Maritime, Hubert Wulfranc. Si c’est un techno, c’est d’abord un politique. C’est ce qu’il faut en ce moment.» Son étiquette de droite ne sera-t-elle pas un obstacle? «Il est copain comme cochon avec Laurent Brun!», le secrétaire général de la CGT Cheminots, constate l’élu. Le futur PDG veut déjà donner des gages. «Je ne fais pas dans la concurrence une religion», dit-il, et suggère au Sénat de mettre en place un observatoire pour voir si cela améliore la vie des usagers.

Oubliée, Catherine Guillouard? Jean Castex lui a rendu hommage, pour ensuite mieux lister les bombes à retardement qu’elle a laissées. La principale: l’échec de l’adoption du cadre social territorialisé qui concernera le transfert des chauffeurs de bus à la fin du monopole de la RATP, en 2025. «Des négociations très longues ont eu lieu et n'ont pas abouti […] une décision unilatérale a été prise par ma prédécesseur qui a été contestée devant le juge, il y a une médiation judiciaire qui est en cours. Il faudra que nous puissions aboutir.» Et de rappeler le «dialogue indispensable avec les corps intermédiaires».

Dans la tête de l’ex-maire de Prades, la liste des enjeux à relever à claire: rétablir «la continuité et la qualité de service» des bus, des métros et des RER, renouer aussi le dialogue avec les usagers, trouver comment absorber la facture d’électricité (autour de 235 M€ et entre 480 et 550 en 2023), négocier l’application de la future réforme des retraites, se préparer à transporter 1 million de personnes supplémentaires certains jours pendant les Jeux olympiques, réussir à vendre à cette occasion «40% de billets de façon digitale»…

Quant au développement du groupe, Jean Castex veut le recadrer. «A l’étranger, nous devons aller de plus en plus sur le métro automatique où on a un savoir-faire incontestable» et «bien choisir» les zones cibles. Citant le contrat de bus compliqué de Toscane, il a semblé en faire un contre-exemple.

Reste bien sûr l’autre sujet majeur: les rapports avec l’autorité organisatrice francilienne. Pas question de guéguerre avec Valérie Pécresse, la présidente LR d’IdFM, assure-t-il. «Nous avons l’obligation de travailler ensemble au bénéfice des Franciliens.» Reste que l’ancien chef de gouvernement s’est bien gardé de relayer l’appel au secours de la présidente de Région, qui demande à l’Etat plusieurs centaines de millions d’euros pour faire tourner les transports en 2023. Et pourtant, selon Jean Castex, «l’intérêt de la RATP se confond avec l’intérêt de la Nation». Les concurrents de la Régie autonome sont prévenus.

Marc Fressoz

bottom of page