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Ferroviaire: l’Europe veut aller plus loin sur les RTE-T, la France temporise

Dernière mise à jour : 27 oct. 2022



«L’investissement dans les infrastructures n’est pas un coût pour les Etats mais un catalyseur», déclare Dominique Riquet. Co-rapporteur du projet de révision du règlement RTE T avec sa collègue autrichienne Barbara Thaler, l’eurodéputé Dominique Riquet est intervenu le 24 octobre dans le cadre d’un colloque organisé par le think tank TDIE. Dix ans après son lancement, le programme européen de soutien au réseau d’infrastructures RTE T doit être actualisé, notamment pour mieux intégrer les ambitions de décarbonation affichées par l’Union européenne. Sont concernées, les voies ferrées, les voies navigables intérieures, les voies de navigation maritime à courte distance et les routes reliées aux villes, aux ports maritimes et intérieurs, aux aéroports et aux terminaux. A la clé, des financements européens doivent permettre notamment la mise à niveau des 9 grands corridors ferroviaires indispensables à la qualité des échanges. Parmi les objectifs: suppression des goulets d’étranglement et standardisation accrue des normes, généralisation d’une vitesse minimale à 160 km/h pour les voyageurs et à 100 km/ pour le fret, déploiement de l’ERTMS… Autre avancée notable: le projet prévoit une articulation entre le réseau trans-européen et les transports urbains. Le nouveau règlement fixe une montée en puissance progressive, avec trois étapes majeures : 2030 pour le réseau principal, 2040 pour le réseau élargi, et 2050 pour le réseau global. Présenté le 26 octobre au Parlement européen, le projet de révision doit être discuté lors du prochain Conseil des ministres européens des Transports, le 5 décembre. Le règlement révisé devrait ensuite être débattu, pour entrer en vigueur d’ici à janvier 2024. En France, les principales liaisons concernées sont le Lyon-Turin, le canal Seine-Nord, les lignes Bordeaux-Espagne, ou encore le tronçon Montpellier – Perpignan.

L’évolution de ce programme européen va-t-il permettre de contribuer à soutenir l’investissement dans le réseau ferroviaire français, comme le souhaitent les présidents de Région, qui se sont prononcés pour un effort de 100 Md€ sur 10 ans dans une tribune commune? Il faudra patienter encore quelques semaines (au moins) pour le savoir. La publication attendue des travaux du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) fournira un élément de réponse. Présent au colloque TDIE, le président du COI, David Valence, a livré quelques pistes: «Le scénario de référence est fixé par la LOM, qui prévoit un maximum de 17,5 Md€ sur la période 2023-2027. Nous allons proposer un scénario 2, qui ne doit pas être un scénario souhaitable, mais un scénario réalisable.» Il précise également que le Gouvernement, soucieux d’équilibre budgétaire, a demandé au COI d’identifier des solutions de financements alternatifs. En dépit des discours volontaristes, le rail n’apparaît pas forcément comme le secteur où le potentiel de réduction des émissions de GES est le plus élevé, a souligné Sandrine Chinzi, directrice par intérim de la DGITM. Les transports du quotidien étant les plus émetteurs, il faut cibler en priorité l’autosolisme pour améliorer l’efficacité du mode routier.

Sandrine Garnier

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