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Grand Paris : une start-up veut lancer des lignes fluviales régulières sur la Seine



Transporter des voyageurs du quotidien par la Seine en Ile-de-France, on pourrait appeler ça un serpent de fleuve. Une start-up, RiverCat, va tenter de faire mentir cette idée avec son projet de navettes fluviales. En dix ans, elle ambitionne de déployer 52 km de lignes entre Soisy-sur-Seine (Essonne) en amont de Paris et Saint-Denis (Seine-Saint Denis) en aval, et de séduire 3,4 millions de passagers par an. Les débuts seront toutefois très progressifs. RiverCat, avec son fabricant de bateaux Hyke, fait partie des trois lauréats (avec Roboat et Bluenav Prog) sélectionnées mi-décembre 2022 par Voies navigables de France (VNF) pour déployer des démonstrateurs de bateau électrique tendant vers une autonomie de niveau 4.

La start-up française doit faire tourner ses embarcations pour 50 personnes en 2024, entre Soisy-sur-Seine et Juvisy (Essonne), un trajet d’une vingtaine de minutes pour se jouer des embouteillages. «A notre initiative, nous créerons une autre liaison entre Alfortville (Val-de-Marne) et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)», indique Dany Carvalho, le jeune PDG de RiverCat. Ce projet se distingue par son ampleur géographique, dimensionnée à l’échelle de la Métropole, et par ses cibles: outre des navetteurs classiques, il vise les adeptes du vélo et du vélo cargo du quotidien, avec également l’idée de favoriser le «slow tourisme», les bateaux étant conçus pour l’emport de cycles.

Nombre d’aspects restent à éclaircir en matière de modèle économique et d’éventuelle intégration dans le réseau de transport francilien (connexions, billettique, etc.). «VNF doit nous aider à financer la construction du bateau dans le cadre de l’expérimentation prévue pendant les Jeux Olympiques», précise Dany Carvalho, qui estime à «10 M€ le coût d’exploitation des deux premières lignes, qui doit être couvert par la vente de billets et de consommations ». Difficile cependant de croire que le service pourra tourner sans subvention, surtout avec l’amplitude horaire prévue (5h30-23h30).

Des contacts existent avec Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports, ainsi qu’avec la Métropole du Grand Paris, une institution qui peine à trouver sa place et sa légitimité depuis sa création. Dans un partage des rôles avec IdFM, elle pourrait éventuellement devenir le chef d’orchestre et financeur de ce service.

Marc Fressoz

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