top of page
Rechercher

Hauts-de-France : mise en concurrence pour le TER, la SNCF tente de sauver une situation désespérée



La SNCF essaie de rétablir une situation catastrophique dans les Hauts-de-France où chaque jour, de l’aveu du PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, «7 à 10% des trains sont supprimés au dernier moment». Depuis le 14 novembre, elle y a envoyé une quinzaine de conducteurs prélevés dans d’autres régions. Elle rappelle également certains jeunes retraités pour faire la jointure avant l’arrivée de nouveaux conducteurs sortis des écoles de conduite. «La SNCF nous en a promis 14 de plus avant Noël et 18 autres en février, mais rien ne dit que le service pourra revenir à la normale», liste Franck Dhersin, vice-président Transport des Hauts-de-France. Ce branle-bas de combat est destiné à remédier à une pénurie de conducteurs mal anticipée. Il en manque 65 au transporteur pour faire fonctionner normalement les 1250 trains quotidiens.

Forcément, le sujet prend un tour politique. Mercredi 16, la veille d’un débat houleux au conseil régional, des élus NUPES ont déploré la situation, pour mieux cibler le président de région, Xavier Bertrand, coupable à leurs yeux d’engager l’ouverture à la concurrence de lignes TER. Parmi eux, le député d’Amiens, François Ruffin, en guise d’usager témoin. Quelques jours plus tôt, le 7 novembre, c’est le ministre des Transports, Clément Beaune qui, après une visite à Xavier Bertrand à Lille, demandait «un effort de mobilisation extrêmement fort de la part de la SNCF». La SNCF bat sa coulpe. «Je suis pleinement conscient que la situation est difficile pour les usagers des Hauts-de-France. Quand on parle de douleur, le mot est juste. Je veux d’abord présenter les excuses de la SNCF», a soufflé Christophe Fanichet, à Lille le 14 novembre.

En attendant, la première dose de la potion administrée par la SNCF s’est traduite par… des suppressions de trains supplémentaires. Mais volontaires! Le principe du Plan de transport adapté (PTA)? Calibrer le nombre de trains en fonction des effectifs disponibles, pour éviter les annulations inopinées et les ramener à 3%. Malheureusement, le transporteur n’a pas pu faire mieux que 5%.

Xavier Bertrand maintient la pression: «A date entre 180 et 210 trains sont supprimés en moyenne chaque jour dans la Région, a-t-il écrit à la SNCF mi-novembre. À titre d’exemple, le jeudi 10 novembre, 55 trains ont été supprimés en plus des 136 trains supprimés par le PTA, soit 191 TER au total.» Et de déplorer l’absence selon lui de «calendrier concret de retour à la normale».

Voilà qui ajoute un nouvel épisode aux relations pimentées qu’entretiennent les deux partenaires. Dans un passé récent, mécontente du service, l’autorité organisatrice a plusieurs fois suspendu ses paiements mensuels. En parallèle, une autre querelle (sur la transmission des données de l’activité TER, dont la région a besoin pour le cahier des charges des appels d’offre) les a conduits à s’expliquer devant le gendarme des transports. Les Hauts-de-France ont obtenu gain de cause.

Marc Fressoz



bottom of page