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IdFM espère déminer la mise en concurrence des bus avec ses «exigences» sociales



L’autorité organisatrice francilienne a des revendications à faire valoir auprès du patronat du transport public! Elle exige que Transdev, Keolis, RATP Dev et tout autre exploitant de ligne de bus de grande et moyenne couronne respectent en matière sociale un «cahier des exigences» à l’égard des conducteurs qu’ils font travailler. C’est le nom du document de 9 pages que Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités (IdFM) a dévoilé le 17 mai. A l’intérieur, les obligations à respecter par les exploitants de ces lignes désormais attribuées par appel d’offre, ce qui peut impliquer un transfert de personnel.

Parmi les principaux engagements: une information transparente et complète pour les salariés et leurs représentants, et ce bien en amont du transfert, ou encore l’assurance que la modification des conditions de travail ne dégrade pas les «périmètres essentiels» comme les temps de pause ou les jours de repos. Autre tabou, les rémunérations qui doivent être garanties et augmenter pour ceux qui travaillent plus. En cours de contrat, IdFM prévoit de mettre son nez pour vérifier que le dialogue social, la gestion des RH fonctionnent bien. Gare aux entorses : les sanctions pourront aller des pénalités jusqu’à la résiliation du contrat.

Ce «cahier des exigences sociales» est le fruit du travail d'une mission confiée en octobre 2021 à Jean-Paul Bailly, ancien patron de la RATP et de La Poste, et Jean Grosset, ex-délégué général adjoint de l’Unsa. A l’automne 2021, Valérie Pécresse et son équipe les avaient appelés au secours pour dégonfler des conflits ayant éclaté sur des lots où Transdev avait chamboulé l’organisation. Les deux démineurs attestent que cela va mieux: «Quand il y a un problème, on ne laisse pas les choses se dégrader.»

Avec sa démarche, IdFM espère calmer le jeu en donnant des gages aux syndicats de la RATP, dont elle a démarré le processus d’ouverture des lignes parisiennes, hautement inflammable socialement. La présidente LR de la Région, affaiblie politiquement après son élimination dès le premier tour de la présidentielle, a conscience que la gauche mélenchoniste et les syndicats risquent d’attiser le feu.

Marc Fressoz



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