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Ile-de-France: le télétravail fragilise les trains de banlieue


Le développement du télétravail ne fait pas les affaires de Transilien. Les Franciliens habitués du mass-transit opéré par la SNCF sont aussi largement des salariés du tertiaire, éligibles au travail à domicile, qu’ils pratiquent à 55% contre une moyenne de 43% pour l’ensemble des actifs de la région. Et ces nouvelles tendances pèsent sur la fréquentation des lignes de banlieue et des RER SNCF, comme le montrent les résultats de la nouvelle étude rendue publique l’opérateur ferroviaire et l’Institut Paris Région. En juin 2022, le niveau de fréquentation global atteignait 80 à 85% d’avant-Covid. Une partie du différentiel est imputable au report vers la route, qui persiste depuis la crise sanitaire. Plus préoccupant, cette désaffection s’accentue certains jours de la semaine, les lundis et plus fortement encore les vendredis, où l’écart se creuse à 18% avec les mardis, jours de plus forte affluence. «Si la fréquentation en heure creuse est globalement revenue aux niveaux de 2019, nous restons en-deçà sur les heures de pointe, avec des disparités importantes selon les lignes. Le recul étant particulièrement important sur les axes qui desservent le quartier de La Défense», souligne Sylvie Charles, directrice générale de SNCF Transilien.

Corollaire de cette situation, les activités commerciales liées à la fréquentation des bureaux enregistrent également un recul, et la clientèle des centres commerciaux proches des zones d’emploi baisse de 44% entre le jeudi et le vendredi. Pour Nicolas Bauquet, directeur de l’Institut Paris Région, «mieux réguler la répartition des jours de télétravail est une question d’intérêt régional» qui va au-delà des seuls intérêts du transporteur ferroviaire. Sylvie Charles compte sur la pédagogie et multiplie les contacts avec les milieux économiques. L’objectif n’est pas de surcharger les trains à la pointe, mais d’enrayer une dégradation qui pourrait encore se renforcer avec les incitations gouvernementales au télétravail généralisé le vendredi pour faire des économies d’énergie. «Un point de report de la voiture vers le mass-transit représente une économie d’énergie annuelle d’environ 170 000 MWh, soit la consommation électrique annuelle de Courbevoie ou de La Rochelle», rétorque Nicolas Bauquet. A plus long terme, il s’agit pour Transilien, «conçu comme un outil massif au service du déplacement domicile-travail et domicile-études en Ile-de-France», de réussir à capter les utilisateurs occasionnels, insiste Sylvie Charles. Le plafonnement du billet à 4€ constitue un signal positif pour ces trajets. Sera-t-il suffisant pour convaincre les ménages d’abandonner leur voiture? Dans un contexte de hausse des prix des carburants et d’entrée en vigueur de la ZFE sur la zone délimitée par l’A86, le train pourrait devenir attractif pour les déplacements de loisir.

Sandrine Garnier

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