top of page
Rechercher

Ile-de-France Mobilités fait du conseil RH auprès de la RATP, qui peine à fournir des conducteurs



Ile-de-France Mobilités (IdFM) va aider les opérateurs de transports à recruter des conducteurs, qui font particulièrement défaut à la RATP. Le 27 septembre, Valérie Pécresse la présidente de l’Autorité organisatrice et présidente de la Région Ile-de-France, a présenté une batterie de mesures. Tout d'abord, elle demande à l’Etat de réduire les «délais bureaucratiques» afin d’accélérer la délivrance des permis D. IdFM et la Région Ile-de-France préparent également une série d'actions de terrain: multiplication par deux de l’offre de formation, ouverture du CAP de conducteur pour avoir des titulaires de moins de 25 ans, primes doublées à 2000 € pour financer les CFA, rappel des retraités comme ont commencé à le faire Keolis et Transdev, etc. Avec des visées à plus long terme, Valérie Pécresse veut aussi épauler la RATP et la SNCF dans la construction de logement sociaux destinés aux travailleurs clés.

La RATP, de son côté, veut croire à l’impact de ses actions: grande campagne de communication en octobre «pour attirer davantage de conducteurs», «partenariats avec Pole emploi, job dating, et dans certains pôles une prime de cooptation entre 300 et 500 €»... Jean-Yves Leclercq, directeur financier et directeur général intérimaire du groupe à partir du 1er octobre, a égrené ces mesures. Pour lui, le métier de conducteur reste «très attractif avec des perspectives», soit «26 000€ brut pour un jeune qui démarre». Et d’ajouter que la RATP a récemment «augmenté de 2% la valeur du point» et «verse des primes sur les plus bas salaires». Mais pour les syndicats, le compte n’y est pas.

En Ile-de-France, l’impact du manque de conducteurs est très contrasté selon les opérateurs. Keolis et Transdev apparaissent comme les assez bons élèves de cette rentrée. Pour eux l’offre de transport non réalisée oscille entre 7 et 10%. Pour Keolis 7% sur Argenteuil, 8% à Poissy. Pour Transdev, 9% à Saint-Germain-en-Laye, 10% à Marne-la-Vallée. RATP Dev s’en tire avec 10% à Saclay. Mais la RATP coiffe le bonnet d’âne sur Paris et sa proche banlieue, avec 26% du service qui n’est pas assurée.

Pour IdFM, le climat social au sein de la régie n'est pas bon. Pourquoi? «Depuis le 1er aout, après l’échec d’un an de discussions avec les syndicats, la RATP a mis en place un nouveau régime de travail qui passe mal», diagnostique l’autorité organisatrice. Cette ambiance dégradée favorise-t-elle le manque de conducteur par absentéisme? Certitude: la RATP fait face à une épidémie d’arrêts de travail frauduleux, estimés à 500, au point que 139 salariés font l’objet de licenciement.

Marc Fressoz




bottom of page