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Impuissant face à la hausse des péages autoroutiers, l’Etat se rattrape sur la SNCF

Dernière mise à jour : 9 nov. 2022



Attention polémiques en vue et risque de fortes contestations sociales à l’horizon ! En février 2023, les péages d’autoroute feront un bond important. Il sera supérieur aux 2% appliqués en 2022, «mais pas de l’ordre de 7 à 8 %», selon le ministre des Transports, Clément Beaune, qui s’est exprimé le 6 novembre sur RTL.

Le niveau de ces hausses automatiques sera officialisé le 2 décembre, exploitant par exploitant (Vinci, APRR, Sanef…) après l’application d’une formule mathématique inscrite dans les contrats signés entre l’Etat et les concessionnaires. Cette formule répercute 70% de l’inflation annuelle constatée lors des 12 derniers mois, laquelle atteignait 5,6% en septembre 2022. «Nous attendons la publication des derniers chiffres», indique-t-on à l’Association des sociétés françaises d’autoroute (ASFA). Une part de la hausse sert aussi à couvrir le coût des travaux réalisés par les exploitants, ce qui aboutit au final à ce que la progression annuelle des tarifs d’autoroute soit souvent supérieure à l’inflation…

Ayant mis en scène à son arrivée cet été une rencontre avec les autoroutiers, le ministre Beaune va-t-il vraiment leur tordre le bras? «Il faudrait des éléments exceptionnels pour que les concessionnaires renoncent au niveau de hausses prévues, leurs mandataires sociaux iraient alors contre l’intérêt de ceux-ci, expose un connaisseur du dossier. A moins que l’Etat accorde des contreparties.» Mais une marge de manœuvre existe concernant le volume de travaux négocié, qui pourrait être limité. Mais l’Etat cherche aussi à garantir de l’activité aux entreprises de travaux publics. Autre possibilité, des ristournes sur les abonnements, mais qui sont d’une portée très limitée.

Certitude: geler les tarifs de façon unilatérale, comme l’avait fait Ségolène Royal en 2015, coûte cher à l’usager. Pour réparer cette erreur et compenser le manque à gagner, en 2023 une nouvelle surhausse de 0,1% s’appliquera sur les péages. Difficile donc pour l’Etat de faire croire qu’il peut contrôler la hausse des tarifs de 2023. En revanche, propriétaire à 100% de la SA SNCF, il exerce une forte pression sur le PDG de celle-ci, Jean-Pierre Farandou, pour qu’il modère ses prix en 2023. Clément Beaune souhaite «que la hausse du prix des billets soit en tout cas inférieure à l’inflation […], a-t-il déclaré le 6 novembre, et surtout que ceux qui ont besoin du train au quotidien (les plus modestes, les jeunes qui utilisent des Ouigo par exemple) soient protégés». Reste à savoir comment la SNCF va s’y prendre, alors que le TGV n'est pas une activité de service public. L’Etat donnera-t-il un coup de pouce financier à la compagnie?

En septembre, le patron de la SNCF avait chiffré entre 1,6 et 1,7 Md€ le surcoût d’électricité et à 10% la hausse des billets en cas de répercussion. La moitié de cette surhausse est imputable aux trains régionaux. Fin octobre, les Régions, qui paient en réalité la facture de l’électricité, sont sorties du bois demandant à la SNCF d’être transparente sur ses coûts d’électricité. Pas question de régler une facture truquée.

Marc Fressoz



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