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Infrastructures : des réseaux de plus en plus vulnérables aux aléas climatiques



En 2018, l’incendie d’un poste électrique à Issy-les-Moulineaux avait privé d’électricité 6.000 foyers et impacté le trafic ferroviaire à la gare Montparnasse. Avec l’intensification des canicules et des aléas climatiques, les risques pour les réseaux de transports, d’énergie et de télécommunications seront de plus en plus forts, alerte France Stratégie. A la suite du Cerema, cette structure de réflexion placée auprès du Premier ministre s’est penché sur la question: «Les évolutions incertaines des régimes des vents violents et tempêtes auront des conséquences sur les infrastructures aériennes des réseaux (lignes électriques ou de télécommunications, par exemple). Surtout, ces réseaux sont associés, en fonctionnement normal comme en temps de crise, par de nombreux liens de dépendance, physiques ou découlant des relations entre les acteurs. Cela tend à augmenter la vulnérabilité des réseaux au changement climatique», indiquent les auteurs d'une étude publiée en mai. Pour mieux s'y préparer et proposer des solutions, l’élaboration de la nouvelle Stratégie française énergie-climat constitue une opportunité. Dans cette perspective, France Stratégie identifie trois axes prioritaires: « le renforcement et le partage des connaissances, la mise en place d’une gouvernance nationale, et l’expérimentation dans des territoires volontaires de stratégies d’adaptation intégrant les enjeux d’interdépendances».

Quatre catégories d’interdépendances sont considérées: les interdépendances physiques mettant en jeu des liens matériels et physiques entre les infrastructures ; les interdépendances géographiques fondées sur les liens de proximité entre infrastructures ; les interdépendances cybernétiques reposant sur une transmission d’informations et les interdépendances logiques regroupant les liens de dépendance politiques, organisationnels ou encore sociétaux entre parties prenantes. Les auteurs de l'étude constatent que ces interdépendances restent pourtant peu étudiées. Ils soulignent l’hétérogénéité des mesures prises, et le manque d’anticipation. Pourtant, l'urgence est là: l’exemple de la tempête Alex et ses conséquences dans la Vallée de la Roya est encore récent, de même que les inondations survenues à l’été 2021 en Allemagne, Belgique et aux Pays-Bas. Alex aurait coûté 1,5 Md€. Selon les estimations, une crue de la Seine pourrait causer 30 Md€ de dommages directs et jusqu’à 58 Md€ au total.

Sandrine Garnier

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