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Infrastructures : Jean Castex confirmé à la tête de l’AFITF

Dernière mise à jour : 24 août 2022



La nomination de Jean Castex à la tête de l’AFITF a été officialisée par décret publié au JO le 18 août. La candidature de l’ancien Premier ministre avait été approuvée par les parlementaires le 27 juillet, après deux séances d'audition au Sénat et à l’Assemblée nationale. Les questions n’ont pas manqué concernant l’avenir de l’Agence de financement des infrastructures de France, l’évolution de ses recettes et le rôle de son président. Alors que le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) remis au Gouvernement fin avril pointe un mur d’investissements (200 Md€ sur les 10 ans à venir), la faiblesse des ressources de l’AFITF inquiète les parlementaires. Comment cette agence aux «dépenses certaines et aux recettes incertaines», selon le sénateur Philippe Tabarot, va-t-elle assurer les besoins liés à la transition énergétique et au maintien d’un réseau routier, fluvial et ferroviaire de bon niveau dans notre pays? Afin de mieux répondre aux attentes, l’AFITF doit-elle devenir un acteur majeur dans la politique des infrastructures, et non plus un simple tiroir-caisse ?

Pour Jean Castex, la mission de l’AFITF est d’abord et avant tout «d’appliquer les décisions qui relèvent de l’autorité politique». Même s’il compte «jouer son rôle à part entière pour assurer l’efficacité de l’ensemble», l’ex-Premier ministre s’inscrit sans surprise dans la recherche «d’un bon équilibre» sur les arbitrages entre les différents modes, le soutien aux projets nouveaux, les moyens alloués à la régénération, tout en donnant «priorité à la décarbonation».

Interrogé par David Valence, député des Vosges et président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), Jean Castex a rappelé que 14 Md€ avaient déjà affectés aux «coups partis», et que les financements dédiés aux petites lignes avaient triplé depuis 2021, pour atteindre 180 M€ par an (mais il faudrait 7 Md€ pour les rénover en totalité!), tout en reconnaissant la nécessité de pérenniser le panier de ressources et la pluri-annualité des programmations. Trois échéances de court terme vont d’ailleurs déterminer les niveaux d’investissements à venir: la finalisation des volets mobilité des CPER et la remise du rapport définitif du COI avant la fin de cette année, et la révision de la trajectoire financière de la LOM, prévue mi-2023.

Quant aux ressources de l'agence, déjà fragilisées par la crise sanitaire (TICPE, amendes radar, report de la taxe sur les billets aériens), elles vont encore être réduites par la fin des concessions autoroutières, à partir de 2031. Là encore, Jean Castex rassure sans rien promettre: il faudra «arrêter un panier de recettes sans exclure les crédits budgétaires, être imaginatif et créer une nouvelle ressource avec des recettes affectées»… mais laquelle? Taxe carbone, écotaxe, ou redevance d’usage des infrastructures routières? Autant de pistes difficiles à concilier avec les objectifs affichés par le Gouvernement sur la préservation du pouvoir d’achat des ménages, et explosives sur le plan social.

Sandrine Garnier

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