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Jean-Pierre Farandou ne croit pas à la solution allemande du billet de train à 9 €

Dernière mise à jour : 16 sept. 2022



Pour amener davantage de monde dans le train, le patron de la SNCF déconseille la solution allemande. De juin à fin août, Berlin a pris une mesure spectaculaire: le billet mensuel à 9€ pour tous. «Mon opinion est mitigée. Oui, il y a un effet d'attraction indéniable mais au fond (…) c'est plus une mesure de pouvoir d'achat qu'une mesure de report modal», a-t-il plaidé devant les sénateurs de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, qui l’ont auditionné le 14 septembre.

Pourtant, selon une étude de l’organisation professionnelle des opérateurs allemands (VDV), la mesure a amené une hausse de trafic de 25% avec sur cinq voyageurs, un nouvel utilisateur du train. «Oui c'est moins cher, les gens sont contents, mais le report n’est pas massif car sans offre alternative» l’automobiliste reste dans sa voiture, même pour 9€. Autre écueil du billet à prix cassé, selon le PDG de la SNCF, «cela peut créer des afflux massifs certains jours et certains week-ends. Les équipes de la DB ont été embarrassées parce qu'elles n’avaient pas la capacité suffisante», pour transporter tout le monde et dans ces cas-là, «personne n'est content».

A l’inverse, le patron des cheminots défend la politique tarifaire plutôt fructueuse orchestrée avec Christophe Fanichet (Voyages SNCF) et Alain Krakovitch (TGV-Intercités) autour d’abonnements garantissant des prix plafonds. Avec un record de 23 millions de personnes transportées en juillet et août, le succès est là, et la compagnie nationale n’a pas souffert des 5 allers et retours par jour sur Paris-Lyon commercialisés par son nouveau concurrent, Trenitalia. Cette dynamique est à replacer dans le but que s’est donné la SNCF de doubler en 10 ans le nombre de voyageurs et atteindre 100 millions de voyageurs en 2030.

A yeux de Jean-Pierre Farandou, tout le monde peut trouver son compte dans la panoplie de prix dont certains, tels ceux des Ouigo classiques, permettent de voyager lentement pour 10 à 15 €. A l’écouter, cela fonctionne. «On voit des gens qui quittent la voiture, qui quittent l’autocar», «le remplissage est correct (…) et on gagne notre vie, parce que ce sont des matériels amortis, ce sont des vieux Corail.» Et, incluant également le TER, le PDG de la SNCF d’assurer: «Regardez dans les autres pays, on ne peut pas dire que les prix des trains français soient chers.» De quoi relancer les discussions de bistrot sur ce sujet indémodable!

Marc Fressoz





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