top of page
Rechercher

JO 2024: Bernard Thibault, ex-leader de la CGT, alerte sur le risque de grève dans les transports



Attention à la «concomitance» des Jeux Olympiques de 2024 avec «le processus de libéralisation des activités» de la RATP. C’est la mise en garde envoyée par Bernard Thibault dans une interview au quotidien l’Equipe (24/06). Ce n’est plus en tant que syndicaliste que s’exprime l’ex-leader de la CGT cheminots (1993-1999) puis de la CGT (1999-2013) mais comme partie prenante de l’organisation de l’événement sportif. Administrateur du Comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO) Paris 2024, il enjoint les pouvoirs publics et la direction de la RATP à purger avec les syndicats tous les problèmes liés au transfert des conducteurs des lignes RATP à Paris et en petite couronne vers de nouveaux opérateurs, le 1er janvier 2025. «J'ai déjà recommandé que tout cela soit anticipé parce que si les négociations afférentes à ce genre de statut, qui est contesté sur le principe, interviennent trop tard… laisse-t-il imaginer. Ne prenons pas le risque que les Jeux servent de caisse de résonance à une polémique concernant l'évolution de la régie autonome des transports parisiens.»

L’ex-chef d’orchestre des grèves SNCF de 1995 appelle de la même façon RATP, SNCF, pouvoirs publics à anticiper les «problèmes d'organisation que soulèvent ces Jeux dans la dimension sociale», qui est, selon lui, «le meilleur moyen dès le départ pour éviter tout conflit» pendant l’évènement mondial. «La problématique des transports, les horaires de travail, les cadences et les effectifs c'est le premier sujet de conflit pour les réseaux de transport. A quel rythme on fait travailler les gens, les conducteurs, les contrôleurs, les personnels d'accompagnement, avec quels effectifs?», souligne-t-il en connaissance de cause. Pas question d’informer à la dernière minute les conducteurs de leur emploi du temps, recommande-t-il, les rémunérations n’étant pas forcément la clé du problème, selon lui.

Certitude, le dispositif présenté officiellement début juin devra être robuste pour absorber des flux exceptionnels. Dans le cadre d’un accord avec le COJO, Ile-de-France Mobilités, qui renforcera très sensiblement son offre habituelle, va également orchestrer la mise en place de services ad hoc qui mobiliseront un millier de bus et de cars et 3.000 véhicules légers pour assurer les déplacements des athlètes, des officiels, et des journalistes pendant les Jeux. L’autorité organisatrice a découpé ce marché en trois lots et lancera ses appels d’offre fin juillet pour les attribuer à des transporteurs. Le financement sera assuré par Paris 2024.

Marc Fressoz


bottom of page