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Kevin Speed et Le Train lancés dans la chasse aux rames à grande vitesse



Les deux néo-compagnies privées qui projettent d’exploiter des liaisons à grande vitesse déroulent leur plan à petit train. Du côté de la société Le Train, qui entend déployer un réseau de dessertes en commençant par le grand ouest, son directeur général, Alain Getraud, signale être en discussion finale avec un constructeur ferroviaire pour lui acheter 10 rames à grande vitesse. C’est le résultat de la consultation européenne lancée ces derniers mois par l’entreprise, qui cherche du matériel ferroviaire apte à circuler immédiatement en France, c’est-à-dire homologué ou en cours d’homologation. La raison: limiter les coûts et les délais de livraison. Le Train cherche du matériel à un niveau et il y a des chances que les rames choisies soient celles du constructeur espagnol Talgo. Avec la Renfe, celui-ci procède en ce moment à une campagne d’homologation de rames Avril en France, que la compagnie publique espagnole entend exploiter sur le réseau français.

Si la question de la fourniture du matériel roulant avance, en revanche la date du lancement commercial du Train a reculé de mi-2023 à début 2024, comme l’a officialisé ce mois-ci Alain Getraud. Le futur opérateur entendait se lancer à moindre coût en utilisant, dans un premier temps, des TGV d’occasion à un niveau achetés à la SNCF. Mais cet été, le groupe public a fait savoir que l’opération serait impossible: la loi oblige avant toute vente de produit amianté à un nettoyage, ce qui n’est pas une surprise. Mais cette opération serait trop complexe et trop coûteuse, argue la SNCF. D’où l’obligation pour Le Train de démarrer avec du neuf, en tenant compte d’un délai de livraison de 18 mois au mieux.

Du côté de la future entreprise ferroviaire Kevin Speed, qui prévoit de démarrer en 2026, le plan de développement repose d’entrée de jeu sur des trains neufs et même nouveaux. Elle a annoncé le 7 octobre avoir fait le choix d’un partenariat avec un «constructeur français majeur», pour ne pas dire Alstom. Le protocole d’exclusivité signé prévoit le développement sur mesure d’un modèle de train à grande vitesse à un niveau, adapté aux besoins de la compagnie dont les dessertes prévoient des arrêts fréquents. «Il s’agit d’un modèle qui circule ailleurs en Europe, et que le constructeur va adapter pour porter sa vitesse de 250 à 300 km/h», détaille Laurent Fourtune, président de Kevin Speed, qui a acquis une expérience industrielle à la RATP, puis chez Eurotunnel.

L’objectif des deux futures entreprises ferroviaires est de créer une rupture en termes de service offert aux clients, qui permettra de se différencier par rapport à la SNCF notamment. Ce choix est opposé à celui proposé sur ligne classique par RailCoop, qui veut réemployer des rames.

Marc Fressoz



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