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L’autopartage affirme son potentiel


Présent dans l’ensemble des métropoles concernées par une ZFE, et dans 85% des communes entre 50 000 et 249 999 habitants, l’autopartage constitue une partie de la réponse aux besoins de mobilité. Il permet aussi et surtout de réduire l’emprise de la voiture en ville, ce qui est indispensable en parallèle à la transition énergétique, pour faire reculer la consommation d’énergie. Le baromètre 2022 de l’autopartage fait ressortir que le recours au véhicule partagé progresse en France (10% de croissance sur l’année 2021, malgré les restrictions liées à la crise sanitaire). En 2021, le total d’utilisateurs français s’est élevé à 323 000 personnes pour 12 677 véhicules. «On constate en outre que la flotte est plus récente et moins émettrice que la moyenne: 51 g/km contre 97g pour les véhicules particuliers neufs vendus en France en 2020», précise Virginie Boutueil, chercheuse au Laboratoire Ville, Mobilité, Transport de l’ENPC, et co-auteur du baromètre. Sachant qu’un véhicule en autopartage remplace 5 à 8 véhicules particuliers, selon une évaluation du bureau de recherche 6-t, le gain pour l’environnement n’est plus à démontrer. «La demande est particulièrement forte depuis 6 mois, y compris en dehors des grandes agglos. A côté des motifs économiques, à l’origine de plus de 80% des inscrits aux services d’autopartage, on observe la montée en puissance de la prise de conscience environnementale, en particulier chez les jeunes générations», déclare Jean-Baptiste Schmider, président de l’Association des acteurs de l’autopartage (AAA).

Des chiffres à comparer avec la situation en Allemagne, où les utilisateurs sont dix fois plus nombreux (3,4 millions) pour une flotte de 30 000 véhicules. En haut du classement, Karlsruhe dispose ainsi de 4,4 véhicules en autopartage pour 1000 habitants, alors qu’aucune intercommunalité française n’atteint la barre symbolique de 1 véhicule pour 1000 habitants. La marge de progression est donc importante en France, et les professionnels de l’autopartage, réunis depuis 3 ans au sein d’une association, sont bien décidés à faire valoir leurs arguments auprès des pouvoirs publics. Organisée le 9 novembre à l’Hôtel de Ville de Paris, la journée nationale de l’autopartage, a donné l’occasion d’échanger sur la place de cette solution dans l’organisation des mobilités. Encore trop souvent confondu avec le covoiturage, l’autopartage semble absent des politiques publiques, alors que, paradoxalement, de nombreux services fonctionnent sans concours public. «Malgré la compétence qui leur a été attribuée par la LOM, les AOM et leurs services de transport ne savent pas forcément comment s’y prendre pour organiser un service d’autopartage sur leur territoire. Il faut au préalable bien définir les besoins et les objectifs du projet. Il faut aussi garder à l’esprit certaines contradictions qui n’ont pas été levées par la LOM: la gouvernance relève de l’intercommunalité, mais sur le terrain, ce sont les communes qui fixent la redevance et définissent les règles de stationnement», souligne Jean-Baptiste Schmider. Autre écueil, celui de l’électrification : «l’autopartage électrique n’a pas encore de modèle économique. Les collectivités n’ont pas vocation à financer les infrastructures de charge, et les opérateurs de bornes se rémunèrent sur les temps de charge. De plus, il faut prévoir les solutions de charge en cours de location pour les usagers, ce qui modifie le parcours client.» Les promoteurs de l’autopartage préfèrent mettre l’accent sur le fait que système est vertueux, même en thermique, et permet d’encourager l’évolution des choix de mobilité.

Sandrine Garnier


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