top of page
Rechercher

L'Institut Montaigne propose de taxer l'usage des routes pour financer les transports franciliens

Dernière mise à jour : 4 juil. 2022


Dépasser les effets de la crise sanitaire et traiter les enjeux structurels du développement et du financement des transports publics en Ile-de-France : les auteurs du rapport rendu public le 30 juin par l’Institut Montaigne n’ont pas reculé devant l’ampleur de la tâche. Les travaux s’appuient sur les nombreuses études et réflexions existantes, notamment le rapport Duron sur l’équilibre du modèle des transports publics, et les pistes de financement proposées par Gilles Carrez, co-président du rapport avec Gilles Savary. Pour repenser le modèle des transports franciliens, le rapport formule 16 propositions classées en quatre thématiques : offre, tarification, coordination, modèle économique. Les pistes envisagées empruntent des chemins classiques: développement de lignes de cars express en grande couronne, soutien de l’intermodalité, mise en place d’un véritable MaaS régional, sanctuarisation du VM... mais certaines hypothèses sont beaucoup plus audacieuses: création d’une taxe d’usage sur le réseau routier régional ; tarification variable selon les heures de la journée et les trajets ; surtaxe des plus-values immobilières à proximité des gares ; taxation des plateformes du e-commerce…

Le moment est-il bien choisi pour proposer de faire payer davantage les usagers et de créer de nouvelles taxes? «Nous avons bien conscience de la portée de ces préconisations, mais nous travaillons pour l’avenir, commente Gilles Savary. Ile-de-France Mobilités s'est engagée sur un niveau d’investissements soutenu, et à peine soutenable. L’autorité organisatrice doit aussi faire face à l’augmentation des coûts d’exploitation du réseau, qui vont s'accroître de 1 Md€ par an avec la mise en service du GPE. Pour cela, il faut à la fois garantir le VM et soutenir les recettes d’usage.» Héritière de la bonne vieille vignette automobile (supprimée en 2000), la taxe d’usage permettrait à la fois de financer les routes et les transports publics. «Elle serait cantonnée à l’AFITF, et non pas intégrée au budget de l’Etat. De plus, son principe pourrait être étendu à l’ensemble des régions françaises, de façon à procurer des recettes pérennes aux AOM créées par la LOM», indique Gilles Savary. Quant à l’évolution de la tarification, il n’est pas question de supprimer le passe Navigo, mais de le réserver aux déplacements essentiels (domicile – travail, domicile – études, soins…) et de faire payer plus cher les trajets effectués en plus de ce socle. En associant les nouveaux outils billettiques à un MaaS régional efficace, il serait à la fois possible de mieux réguler les flux et d’optimiser les recettes, sans pour autant renoncer à la tarification sociale. Le rapport est également favorable au transfert de compétence à IdFM sur le réseau routier structurant, et à la mise en place de contrats opérationnels de mobilité thématiques (signalétiques, réseau cyclable régional, mobilités douces et partagées, services intermodaux standardisés, etc.).

Sandrine Garnier

bottom of page