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Le Gart et l’UTP veulent 5Md€ pour développer et décarboner les transports publics



«L’air de rien, vous faites beaucoup!» proclame le slogan de la 16e édition de la semaine du transport public, qui se tient du 16 au 22 septembre. Ce message plein de bienveillance vient en quelque sorte remercier les usagers qui font le choix d’une mobilité 50 fois moins émissive en gaz à effet de serre que la voiture individuelle. «60% des déplacements effectués en transports publics sont électriques du fait de la proportion des métros et des tramways», indique Marie-Ange Debon, présidente de l’UTP. Mais le ton change du tout au tout quand les acteurs du secteur s’adressent à l’Etat. «Nous avons besoin de créer un choc d’offre, mais dans la conjoncture actuelle, avec des dépenses publiques contraintes et une crise de l’énergie, c’est impossible», constate Marc Delayer, président du GIE Objectif Transport public. «Il est temps de passer des paroles aux actes», assène le président du Gart, Louis Nègre. Les collectivités locales ont investi 25 Md€ dans les transports publics depuis 2008, et l’Etat en a apporté 2,7 via les appels à projet. Les budgets Mobilité sont bien souvent les plus importants dans les collectivités. Face aux enjeux climatiques et à la nécessité d’améliorer la qualité de l’air, les autorités organisatrices doivent pouvoir continuer à investir. Nous demandons 5 Md€ au Gouvernement: 3 Md€ pour les politiques de mobilité, et 2 Md€ pour la conversion énergétique des véhicules», insiste-t-il. Le Gart a adressé le détail de ses demandes au nouveau ministre des Transports, Clément Beaune: retour de la TVA à 5,5% pour les transports du quotidien, transformation en subventions des avances de trésorerie consenties pendant la crise sanitaire, sanctuarisation du VM, développement d’un titre de transport unique pour les TER et les transports urbains… «Notre objectif pour la rentrée est de faire des transports publics urbains, interurbains et ferroviaires la priorité du quinquennat», renchérit Marie-Ange Debon.

Pour répondre aux défis environnementaux et économiques liés à la mobilité, les autorités organisatrices doivent maintenir et développer une offre de qualité, multimodale et accessible. Après la baisse des ressources due au Covid, AO et transporteurs sont aujourd’hui confrontés à la hausse des coûts de l’énergie et aux pénuries de personnel de conduite et de maintenance. Le secteur compte sur le Projet de loi de finances 2023, qui sera débattu à l’Assemblée nationale en octobre, puis au Sénat en novembre, pour obtenir gain de cause, et s’affiche confiant: le ministre des Transports a l’écoute du Président de la République, la Première ministre connaît bien les dossiers liés à la mobilité. Reste à savoir si l’un et l’autre auront la capacité à remporter des arbitrages face à la forteresse de Bercy. Dans le cadre du PLFR 2022, le Sénat a réussi à faire passer un amendement porté par Philippe Tabarot permettant la hausse jusqu’à 75% de la prise en charge de l’abonnement transport des salariés, la somme correspondante étant exonérée de contribution et de charge. Un signal positif, mais limité puisque cette mesure dépend du bon vouloir de l’employeur, et que le niveau des montants reste modeste (le gain potentiel de pouvoir d’achat potentiel atteint 207€ en Ile-de-France). Il faudra encore batailler pour parvenir au choc d’offre. Clément Beaune ouvrira peut-être quelques pistes le 14 septembre, en venant clôturer une conférence sur la transition énergétique, organisée par le Gart à Lyon.

Sandrine Garnier

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