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Le GNV à l’épreuve des crises

Dernière mise à jour : 26 janv.



Tensions sur les matières premières et l’énergie, guerre en Ukraine… le prix du GNV a plus que quadruplé en quelques mois, pour atteindre un pic en septembre dernier. Simple accalmie ou amorce d'un retour à la normale? Mais quelle sera la normale, à moyen terme? Personne ne peut garantir, en l'état, que les niveaux de prix vont se stabiliser. Les conséquences sont lourdes pour les transporteurs, qui ont parfois préféré laisser les véhicules gaz au dépôt pendant plusieurs mois, pour éviter de facturer des surcoûts à leurs clients. Certains ont même été contraints de rogner sur leurs marges, par exemple dans le transport de voyageurs, quand les Autorités organisatrices de la mobilité (AOM) concernées n’ont pas souhaité modifier les conditions d’actualisation des contrats. Comment, dans ces circonstances, poursuivre les objectifs de décarbonation des transports, pour lesquels le bioGNV a démontré sa pertinence? Déjà, certains constructeurs de véhicules lourds envisagent d’accélérer leur transition vers l’électrique et l’hydrogène. De plus, la percée du B100 et les promesses du XTL ont apporté des arguments à ceux qui préfèrent temporiser, en attendant les évolutions réglementaires sur les biocarburants et les ZFE. Sur ce point, la récente décision du Conseil d'Etat sur l'éviction du B100 de Crit'Air 1 devrait remettre les choses en perspective...

Après une année 2022 marquée par la volatilité des prix du GNV, la filière gaz se mobilise donc pour maintenir sa compétitivité, et assurer par la même occasion sa pérennité. L’Association française du GNV (AFGNV) a présenté au Gouvernement une stratégie visant à limiter les hausses de prix, sans toutefois privilégier le biométhane au détriment du gaz fossile, ce qui aurait pour répercussion de déséquilibrer l’ensemble de la filière. L’indexation des prix du biométhane sur ceux du gaz fossile a permis pendant des années de subventionner la production du gaz renouvelable. A présent, le différentiel s’est inversé, mais un nouveau retournement reste possible dans l’avenir. La filière du GNV compte bien faire entendre sa voix dans le cadre des réflexions sur les projets de loi Energies renouvelables et Industrie verte. Tout d’abord, des mesures d’urgence ont été proposées aux cabinets du Président de la République et de la Première ministre. Elles sont déclinées en quatre options: intégration du transport routier dans le dispositif de soutien aux industries grandes consommatrices d’énergie ; instauration d’une remise à la pompe de 60 centimes par kilo de gaz ; instauration d’une remise variable permettant d’effacer l’écart avec une valeur de référence de 54€ le MWh ; mise en place d’une TICGN-carburant flottante, inspirée de l’ex-TICP flottante. Pour produire un effet, cette TICGN devrait être négative.

Un autre dispositif plus structurant a été transmis au cabinet de la ministre de la Transition énergétique, Agnes Pannier-Runacher: il s’agit d’intégrer le bioGNV dans le dispositif de la Taxe incitative à l’utilisation d’énergie renouvelable dans le transport (TIRUERT), au même titre que le biodiesel ou l’électricité renouvelable. Aujourd’hui, les distributeurs de carburant sont incités à incorporer une certaine proportion de biocarburants dans le gazole, pour éviter la taxe. Le principe consisterait à faire de même en intégrant le bioGNV dans les biocarburants éligibles à ce dispositif. Les acteurs de la filière militent également pour la possibilité de souscrire des contrats de type Power purchase agreement (PPA) pour le gaz renouvelable. Ces contrats permettraient de décorréler le biométhane du tarif calculé à partir du prix du gaz fossile, et de renforcer le lien entre les sites de production et les usages.

Sandrine Garnier

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