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Le gouvernement presse les transports de livrer des recettes pour consommer moins d’énergie



Réduire fortement sa consommation d’électricité et de gaz, d’accord mais comment? Pressé, à l’instar des citoyens et des autres secteurs économiques, celui du transport va devoir se mettre à toute vitesse à la sobriété en se creusant la tête. En cette rentrée, le gouvernement multiplie les alertes. «Face aux menaces de pénurie cet hiver, la meilleure réponse c’est la baisse de consommation d’énergie. Chacun doit prendre sa part», a martelé la Première ministre, Élisabeth Borne, lors de l’université d’été du Medef (29 et 39 août), agitant la menace de contraintes si la proportion de 10% d’économie n’est pas atteinte.

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a tenté d’être plus concret. Il sera peut-être nécessaire de «réduire sa consommation d'énergie chez soi, dans les transports». Mais encore? «Cela passe par exemple, par la réduction du chauffage dans les administrations, dans les transports, etc.». Interrogé par Mobily-Cités, le ministre de l’Ecologie Christophe Béchu ne dissipe pas davantage le flou, et liste les recettes éculées: «Décarbonation des transports, par le télétravail, par l’incitation au covoiturage, par le développement des transports collectifs.» Lesquels sont grands consommateurs d’électricité! SNCF, RATP, autorités organisatrices et opérateurs de transports publics en province devront-ils aller jusqu’à réduire leur offre pour entrer dans les clous? La SNCF a en effet élaboré un plan, en lien avec la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui consiste notamment à réduire la vitesse de pointe des TGV et donc à allonger le temps de parcours. Réponse rassurante de Christophe Béchu: «Ce n’est pas parce qu’un scénario est envisagé qu’il s’appliquera.» Toujours est-il que les grandes entreprises du secteur seront réunies en début de semaine prochaine par le ministre des Transports, Clément Beaune, et la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. But: faire un point sur les propositions de ces acteurs.

Reste que nécessité faisant loi, la réduction de l’offre risque de s’imposer. «Certitude: nos deux grands sujets de rentrée, ce sont l’explosion de la facture de l’énergie et la pénurie de conducteurs», indique-t-on dans l’entourage de Marie Ange Debon, présidente de l’UTP et de Keolis. D’ailleurs, en Ile-de-France, faute de conducteurs, IdFM et la SNCF en viennent à supprimer des trains.

Marc Fressoz

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