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Le rétrofit en vedette à Autocar Expo

Dernière mise à jour : 14 oct. 2022


«A l’avant-garde des mobilités décarbonées, Auvergne-Rhône Alpes a l’ambition de devenir une Région pilote en matière d’hydrogène». Pour Laurent Wauquiez, cette politique volontariste passe par le soutien à la filière naissante du rétrofit, bien représentée au Salon Autocar Expo. La Région, qui a lancé un appel d’offres pour le rétrofit hydrogène d’une quinzaine de véhicules, entend «créer les conditions de mise en place des écosystèmes (électrolyseurs, stations et véhicules) permettant le déploiement de cette technologie». Et c’est devant un prototype de car rétrofité habillé aux couleurs d’Auvergne Rhône-Alpes que Laurent Wauquiez a choisi de faire étape à Eurexpo, rappelant au passage l’ancrage local des acteurs de la filière: GCK, CRMT, Greenmot, Rétrofleet sont toutes implantées sur le territoire régional. De plus, les cars rétrofités présentés sur Autocar Expo, qu'ils soient électriques à batteries, à hydrogène, ou GNV, sont en écrasante majorité des Iveco Crossway. Enfin, en plus de la Région, deux transporteurs indépendants se sont engagés dans des projets de rétrofit. Le premier, le groupe Berthelet, a transformé un car scolaire diesel en GNV, en partenariat avec le CRMT. Plus récemment, Tourisme et Transport Ginhoux s’est lancé dans le rétrofit hydrogène d’un Crossway, première étape avant le déploiement de plusieurs véhicules et la construction d’une station d’avitaillement à Aubenas (Ardèche).

Alliance du réemploi et de la transition énergétique, le rétrofit a le vent en poupe dans une opinion sensible aux arguments verts. Cette solution permet en outre de faire évoluer une partie des véhicules diesel, et d’adresser des marchés sur lesquels aucune offre n’existe en véhicule neuf équivalent, en particulier sur le car interurbain. Le potentiel existe, à condition que les véhicules rétrofités tiennent leurs promesses, notamment sur la durée de vie et la fiabilité. Les premiers retours d’expérience seront donc riches d’enseignement pour l’ensemble de la profession: transporteurs, autorités organisatrices, constructeurs, et rétrofiteurs eux-mêmes. Mais il faudra attendre 2023 pour voir les premières homologations de véhicules transformés, l’arrivée sur le marché des premiers kits de rétrofit, ainsi que leur véritable prix de vente. Il faudra aussi disposer des outils de financement adaptés à cette nouvelle offre, qui n’est ni un véhicule neuf ni un VO. Une fois sortis de la phase d'expérimentation, les projets de rétrofit ne pourront plus bénéficier du soutien des différents appels à projet soutenus par exemple par l'Ademe. Les kits pourraient être financés un peu comme les batteries, indique-t-on du côté de Greenmot, qui travaille avec Forsee Power. Autre inconnue: quelles seront les garanties apportées sur les organes d’origine et sur le châssis d’un véhicule rétrofité? A partir du moment où la motorisation est modifiée, le constructeur n’est plus concerné. Mais si le fournisseur du kit n’en assure pas la pose et fait intervenir un installateur, on peut parier que certaines difficultés ne manqueront pas d’apparaître. Comme toute nouvelle technologie, le rétrofit connaîtra sa période de rodage.

Sandrine Garnier

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