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Le Translohr bouge encore, Alstom devra encore en construire 26 exemplaires



Le tram sur pneu Translohr ne veut pas mourir. Ironie du sort, Alstom qui souhaitait rayer de son catalogue cette sorte de long bus guidé par un rail voit ses plans contrariés par le succès sur la durée de ce matériel. Il vient de remporter un contrat de 116 Md€ pour construire 26 nouveaux exemplaires. Le client: Padoue dans le nord de l’Italie, converti depuis 2007 à cette solution pour son réseau urbain. Cette nouvelle commande porte sur «20 rames de 32 mètres de long et de 6 rames de 25 mètres de long de troisième génération», précise le constructeur. Et d’ajouter que «Padoue disposera à terme de la plus importante flotte de tramways Translohr au monde avec un parc de 55 rames» sur un total de 150.

L’histoire industrielle du Translohr est singulière. Ce produit a été créé par le constructeur alsacien Lohr et a beaucoup agacé Alstom, qui y a vu un concurrent venant attaquer un créneau de son marché. Il s’agissait de proposer une alternative moins coûteuse que le tram Citadis à des villes moyennes. Malgré des contrats à Clermont-Ferrand, en Ile-de-France et à l’étranger (Shanghai Tianjin, Medellin, Venise-Mestre), le succès reste en deçà des espoirs.

Et 2011, le groupe Lohr bat de l’aile et, sur fond de campagne présidentielle, lance des appels du pied à l’Etat. Pour sauver des emplois, il fait mine d’être sur le point de vendre Translohr au géant chinois du rail CRRC. Ce qui aurait équivalu à offrir à celui-ci une porte d’entrée pour vendre en France du matériel fabriqué en Chine.

Cette ruse du fondateur du groupe Robert Lohr pour faire monter les enchères fonctionne à merveille. En juin 2012, L’Etat via BPIfrance acquiert à un bon prix pour le vendeur 49% de New Trans Lohr (NTL) et force Alstom à en acheter 51%, celui-ci étant donc contraint de développer commercialement ce faux tram. Ce rachat permet à Lohr de se tirer d’affaire en remboursant un prêt. Reste que les ventes ne décollent pas. A l’occasion de l’acquisition de Bombardier, en 2021, Alstom remet de l’ordre dans ses implantations et réduit fortement la voilure du site de sa filiale NTL en Alsace, réorientant les salariés sur le seul service après-vente. Aujourd’hui, Alstom n’a donc plus de site industriel dédié à la fabrication du Translohr mais le constructeur annonce que «les tramways Translohr seront produits en Alsace», leurs livraisons débuteront début 2025 pour une mise en service en 2026. «On peut le faire sur plusieurs sites», indique Jean-Baptiste Emeyoud, le patron d’Alstom France sans plus de précision.

Marc Fressoz




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