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Les Français ont-ils changé leurs habitudes de déplacements depuis 10 ans?



Les Français effectuent la quasi-totalité de leurs 62 milliards de déplacements sur courte distance. Mais leurs trajets longue distance pèsent plus lourd que les 1% du nombre de déplacements qu’ils représentent. Principalement effectués en voiture ou en avion, ils équivalent à 45 % de la distance annuelle parcourue et ont généré en 2019 près de la moitié des émissions de carbone. C’est ce qu’a mesuré l’Autorité de régulation des transports (ART) chargée, dans ses attributions, de tenir un observatoire de la mobilité. Elle a livré le 12 décembre le volume 2 de son «Etat des lieux des mobilités courtes et longues distances». Il porte sur les évolutions des mobilités depuis 2008 et pendant la crise sanitaire, au regard de leur impact environnemental.

Sur ces dix dernières années, les pratiques ont-elles changé en termes de répartition entre moyens de transport? La réponse est: assez peu. Si l’essor des trajets en avion depuis 10 ans est une tendance de fond, «l’évolution des mobilités courte distance (…) témoigne d’une légère augmentation tant de la part modale des transports collectifs que de celle des modes actifs depuis 2008», peut-on lire. Pas de quoi limiter la hausse des gaz à effet de serre entrainée par l’augmentation de la distance moyenne des déplacements en véhicules particuliers. 40% des trajets en voiture s’effectuant cependant sur de très courtes distances (inférieures à 5 km). L’ART garde espoir et ne juge pas impossible «une évolution vers des mobilités courte distance plus sobres» en CO2.

L’organisme s’intéresse aussi à l’impact que l’on prête aux outils numériques comme le MaaS sur le verdissement de la mobilité. Pour l’instant, ce n’est pas probant. Certes, leur utilisation augmente pour l’achat de billets par le biais des canaux numérisés (smartphone, etc.). Mais pour l’instant «leur impact, sur le report modal de la voiture vers d’autres modes de transport par exemple, ou sur la progression des voyages s’appuyant sur plusieurs modes de transport différents (intermodalité) n’est pas avéré à grande échelle», note l’ART. Celle-ci de conclure logiquement que «les bénéfices attendus en termes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ne sont en conséquence pas encore observés».


M. F.



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