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Les RER métropolitains annoncent le déclin de SNCF Réseau dans les projets ferroviaires



Comment financer et conduire les 10 RER métropolitains annoncés le 27 novembre par Emmanuel Macron? C’est la question que soulève son intervention, relative à Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Nantes, Nice, Rennes, Strasbourg, Toulouse. Elle a fait son petit effet, soulevant aussi beaucoup d’interrogations.

Pour commencer combien coûtent ces RER? En 2020, SNCF Réseau avait estimé à 30 Md€ les 23 projets de réseau express métropolitains (REM) potentiels, rappelle un spécialiste. Pour sa part, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou a récemment chiffré devant le Parlement à 13 Md€ le prix pour 13 métropoles. On est donc sur une base de 1 Md€ en moyenne, sans compter les traditionnels dépassements budgétaires.

Mais tous n’ont pas le même degré de maturité ni le même besoin de travaux. Avec 800 trains hebdomadaires de plus à partir du 12 décembre, puis 200 autres en septembre, le REM de Strasbourg sera le premier à devenir réalité, après un investissement modique de 117 M€ (40 M€ Etat et Région, complétés par l’apport des collectivités en complément) pour aménager 8 km de voies. «Mais pour la seconde phase, il faudra tout de même trouver 500 M€ y compris pour créer un atelier de maintenance, explique David Valence, président de la Commission transports de la Région Grand Est. D’autres REM suivent leur chemin, comme à Bordeaux. D’autres encore patinent comme à Lyon ou Marseille, où les moyens nécessaires sont massifs.

Va-t-on déshabiller SNCF Réseau d’une partie de son budget de régénération (2,8 Md€ actuellement) des voies au profit des métropoles? «Non car ce sont des financements qui passent par les contrats de plan Etat-Régions [les contrats actuels courent jusqu’en 2027, NDLR] contrairement à celui des programmes garantis par l’Etat et par Réseau», assure David Valence, avec sa casquette de président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), qui rendra un rapport le 15 décembre.

Ces futurs RER métropolitains promettent une petite révolution dans la conduite et dans le financement, marquant un déclin relatif de SNCF Réseau, qui paie ses dérapages sur l’extension du RER E francilien. «Il y a un sujet technique et financier. Dans le fond, SNCF réseau n'est pas structuré pour mener des gros projets de développement, il est plutôt structuré pour mener des gros projets de régénération et maintenance. C'est le cœur de métier de la maison», analyse David Valence. Celui-ci met en avant le schéma des sociétés de projet, calqué sur la Société du Grand Paris (SGP). Avantage supposé: une meilleure maîtrise des coûts et la mise en place de recettes dédiées. Sa filiale SGP Développement intervient déjà dans les études du REM de Lille, mais pas encore comme maître d’ouvrage.

«Il n’y aura toutefois pas de modèle unique, mais des solutions adaptées à chaque cas», précise l’élu: soit un financement via le contrat de plan Etat-Région, avec la SGP comme maître d'ouvrage; soit un financement contrat de plan Etat-région avec une intervention classique de SNCF Réseau; soit ce modèle Etat-Région, avec en plus des crédits de fiscalité levés localement par une SGP qui serait créée ad hoc comme pour certaines LGV.

Marc Fressoz

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