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Les transports dilués dans un Gouvernement Borne à l’organisation compliquée



Il n’y a pas encore de secrétaire d’Etat ou ministre en charge des Transports dans le 1er Gouvernement d’Élisabeth Borne, dont la composition a été annoncée le 20 mai. Il sera nommé après le second tour des législatives, qui a lieu le 19 juin, a indiqué le Gouvernement le 23 mai. Le titulaire sera placé sous la tutelle du nouveau ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, qui a été confié à Amélie de Montchalin. En attendant, celle-ci «a dans son périmètre les enjeux de transports», ajoute le Gouvernement. Elle a hérité d’un morceau de l’ex-ministère de la Transition écologique, après avoir occupé deux portefeuilles (fonction publique et Europe) au cours du précédent quinquennat. Son maintien n’est toutefois pas garanti. Amélie de Montchalin devra être réélue en juin députée de l’Essonne, ce qui n’est pas forcément assuré. Plus modeste, le second morceau de l’ancien dispositif, baptisé ministère de la Transition énérgétique échoit à Agnès Pannier Runacher, chargée de la décarbonation, une compétence qui pourrait recouvrir la stratégie concernant la motorisation des poids lourds.

En attendant, le transport apparaît dilué par un découpage du Gouvernement qui n’est pas simple à comprendre. En parallèle à la scission en deux de l‘ex-ministère de la Transition écologique, une super administration voit le jour avec un secrétariat général de la planification écologique. Son rôle : copiloter ce sujet de façon transversale. Il a été confié à un haut fonctionnaire, Antoine Pellion, qui occupe également au sein du cabinet d’Élisabeth Borne la fonction de «chef de pôle Ecologie, transports, énergie, logement et agriculture». Quel sera le poids du futur ministre dans un dispositif déjà en place? Et avec une Première ministre passée par la SNCF, la RATP, le ministère des Transports, le secteur ne risque-t-il pas d’être surtout géré depuis Matignon?

Parmi les réactions, le GART dit constater «avec regret et un étonnement certain, l’absence d’un ministre en charge des Transports», faisant mine d’ignorer que le premier Gouvernement d’un quinquennat est toujours incomplet. Dans son second communiqué depuis l’arrivée d’Élisabeth Borne, l’association exige d’être reçue par celle-ci pour s’entendre expliquer «comment elle entend traiter les questions de mobilité» et répondre aux revendications du GART. De son côté, l’ex-ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, empruntant aux codes des influenceurs numériques, a livré son commentaire sur l’absence de remplaçants: « Je crois que j’ai plié le game.» En matière de buzz sur les réseaux sociaux, dépasser Jean-Baptise Djebbari risque d’être un challenge impossible pour son successeur.

Marc Fressoz


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