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Les voyageurs plébiscitent le TER et gardent leurs distances avec les transports urbains


Les opérateurs de transport publics broient du noir, ils voient se profiler le cataclysme financier de l’explosion de la facture d’électricité ces prochains mois. Elle va s’ajouter aux maux actuels. Les recettes restent en retrait car ils n’arrivent plus à faire le plein. «Nous ne sommes en moyenne qu’à 80% du trafic de 2019 même si ce niveau s’élève à 91,5% en province», déplore Marie-Ange Debon, présidente de l’UTP. Comme les autres adhérents, elle redoute que le télétravail, la concurrence du vélo et de la marche deviennent structurels. Ce n’est pas tout, en cette rentrée 2022, le transport urbain joue aussi contre son camp. A Paris et sa proche banlieue, un opérateur majeur comme la RATP ne parvient plus à accomplir son métier de base d’exploitant de bus. 26% de l’offre n’est pas effectué: du jamais vu. Sur certaines lignes, les usagers doivent attendre 45 minutes entre deux bus et cette défaillance éclabousse l’image du secteur.

Alors que la profession réclame plus de moyens dans la loi de finances 2023 (baisse de la TVA, hausse du versement mobilité, etc.) pour pouvoir mettre en place «un choc d’offre», c’est plutôt le choc du manque d’offre qui frappe certains usagers. En cause, la pénurie de conducteurs, sans doute renforcée à la RATP par une mauvaise gestion RH. «Nous avons bien conscience qu’on a du mal a assurer le service et que notre message peut être moins audible, mais il faut replacer le transport public dans la perspective 2030 comme un atout pour lutter contre le réchauffement climatique», analyse Marie-Claude Dupuis, vice-présidente de l’UTP et directrice de la stratégie de la RATP. En tout cas, cela met aussi Ile-de-France Mobilités dans l’embarras. Difficile d’augmenter le tarif du pass Navigo si la qualité de service est déplorable.

Comme chaque année, l’UTP a sondé les usagers dans l’optique d’utiliser leurs attentes pour appuyer son lobbying auprès des pouvoirs publics. Mais le cru 2022 de l’Observatoire de la mobilité (1501 personnes interrogées du 10 au 20 juin) paraît décalé. Comment rendre les transports publics plus attractifs? «Des services à l’heure et fiables» ne figure pas dans le choix de réponses proposées à cette question. Dans le sondage UTP, les voyageurs demandent en premier lieu des transports plus fréquents ( 63% en province, 70% en Ile-de-France) et plus étendus, méconnaissant la crise du modèle économique du secteur.

Pour le reste, il y a de l’espoir pour l’avenir, au regard de la réduction des émissions de CO2. 56% des non pratiquants voient les transports publics comme un bon remède. Mais on peut quand même s’interroger sur cette majorité assez faible. De même, dans cette période d’inflation, il vient seulement à 53% des sondés l’idée que le bus ou le métro sont moins chers que l’auto.

Certitude basée sur les chiffres communiqués par l’UTP, le TER semble plébiscité. Il a quasiment retrouvé le trafic d’avant Covid avec 97% (avec 75%, le Transilien est en revanche terriblement plombé). Cette tendance apporte évidemment de l’eau au moulin des élus et de la SNCF, qui estiment prioritaires les investissements pour mettre en place les RER métropolitains prévus dans plusieurs régions.

Marc Fressoz



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