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Mobilité durable: quelles solutions pour les territoires ruraux?


Quelles solutions de mobilité alternative à la voiture solo dans les territoires ruraux? Seuls 19% des habitants des communes rurales affirment pouvoir choisir leur mode de transport contre 60% des habitants des agglomérations de plus de 100.000 habitants. Néanmoins, dès lors que des actions de sensibilisation et de présentation de mode de transport alternatif et pertinent sont menées auprès de ces derniers, 60% d’entre eux sont prêts à moins utiliser leur véhicule, 65% à utiliser les transports en commun et 40% à faire du covoiturage et de l’autopartage. Près de 150 jeunes en service civique ont été engagés sur 15 territoires ruraux et péri-urbains pour sensibiliser 50.000 habitants et les inciter à tester différentes solutions de mobilité, dans le cadre du projet Mobili’Terre, mené en partenariat avec l’association des maires ruraux (AMRF). Financé par EDF via le dispositif des Certificats d’économie d’énergie, avec les équipes de l’association Unis-Cité pour l’encadrement, le programme a permis aux jeunes volontaires de découvrir ou d’approfondir des réalités relatives aux trajets du quotidien. Dans certains cas, ils ont été invités à formuler des propositions, et à en étudier la faisabilité, ce qui leur a permis d’en apprendre davantage sur le fonctionnement des services de transport. Du côté des élus et des équipes municipales, le bilan est contrasté: tous saluent la mobilisation des jeunes, mais certains regrettent le décalage de temporalité entre le format du service civique et la durée réelle des missions.

Mené durant un peu plus de deux ans, le programme Mobili’Terre a été l’occasion de vérifier sur le terrain le manque d’offre de mobilité adapté aux attentes des habitants. Peu ou pas de solution pour se rendre à Orléans depuis Giens (Loiret), et aucune prise en compte du vélo. Un manque de moyens qui a poussé les élus à supprimer une navette routière dans le Massif du Sancy, où pourtant, il faudrait rechercher des «interactions entre les déplacements des touristes et les trajets pendulaires des habitants», déclare Sébastien Gouttebel, maire de Murol (Puy-de-Dôme), et vice-président de l’AMRF. D’autant que la crise sanitaire a parfois redonné de l’attractivité aux zones rurales, dans lesquelles des familles sont venues s’installer. Et la flambée des prix des carburants renforce encore la nécessité de développer des alternatives à la voiture. «On entend dire que le métro du Grand Paris va coûter plus de 35 Md€. Avec seulement 3 Md€, nous pourrions développer des transports dans les territoires ruraux», souligne Jean-Luc Espitalier, maire de Saint-André (Tarn). A condition de faire évoluer les mentalités: «Je me demande si les gens sont prêts à perdre 5, 10 ou 15 minutes sur leur temps de trajet pour utiliser un transport collectif ou faire du covoiturage», ajoute Louis Pautrel, maire du Ferré (Ille-et-Vilaine).

Sandrine Garnier