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Paris devient une métropole laboratoire en faisant payer le stationnement des motos et des scooters


Quels seront les effets de la réforme controversée du stationnement des deux-roues motorisés à Paris sur les pratiques de déplacement? Très contestée par les associations de motards, cette politique publique va être observée de près par les spécialistes de la mobilité quant à ses effets sur les déplacements. Si des communes de petite couronne comme Charenton ou Vincennes s’y essayent déjà, la capitale est la première grande agglomération à faire payer depuis le 1er septembre le stationnement des scooters et motos à moteur thermique. Pour les non-abonnés, le tarif est de 3€ par heure dans le cœur de Paris, et de 2€ dans les autres arrondissements (du 11e au 20e), ce qui équivaut à la moitié de ce que doivent régler les automobilistes. La facture est moins salée avec un abonnement (0,75€ par jour avec une carte résidentielle annuelle à 22,50€ par exemple).

Pour les deux-roues électriques, stationner dans la rue reste gratuit mais il faut, quoiqu’il en soit, s’enregistrer sur une plateforme de la Ville. Deux mois après la mise en place de ce service d'enregistrement, environ 10 250 demandes ont été satisfaites. «Le nombre de stationnements résidentiels accordés est de 6 080, le nombre de droits professionnels est de 2 419 et il est de 1 667 pour les deux-roues motorisés électriques et de 80 pour les deux-roues motorisés handicap», précise la mairie.

«On estime à 100 000 le nombre de scooters et motos transitant à Paris. Nous souhaitons favoriser la migration vers d'autres mobilités», indique David Belliard, l'adjoint EELV aux mobilités et à la transformation de l'espace public. L’un des indicateurs à suivre sera le rythme de conversion des motards vers le deux-roues électrique, qui n’est pas à portée de toutes les bourses. Selon des professionnels du secteur, la vente des motos et scooters thermiques est en chute dans la capitale. Une part des utilisateurs renonce au deux-roues, une part adopte l’électrique, sachant que les délais de livraison s’allongent.

Autre effet à suivre: Paris et ses délégataires réussiront-ils à relancer par ce biais l’occupation en baisse des parkings publics souterrains? La Saemes propose 1 500 places pour les deux- roues «avec une tarification en moyenne de 50% moins cher qu’en surface», indique l’exploitant. De son côté, Indigo loue 2 600 places dans ses parcs à un tiers du tarif pour les voitures.

Marc Fressoz

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