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Paris s’en remet aux électeurs pour faire interdire les trottinettes en libre-service



Les Parisiens voteront le 2 avril sur le maintien ou non des 15.000 trottinettes en libre-service exploitées par Lime, Dott,Tier. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a opté pour la solution de faire porter la responsabilité aux administrés dans un débat très clivant. Son avis à elle est clair: «Mon idée, c’est qu’on arrête», a-t-elle développé dans une interview au Parisien le 15 janvier. Ce «n’est pas écolo» et «les salariés de ces sociétés ne sont pas correctement protégés» sur le plan social, plaide-t-elle.

Partisan d’un non-renouvellement du contrat avec les opérateurs au-delà de fin mars, son adjoint EELV chargé des mobilités et du partage de l’espace, David Belliard, a enfoncé le clou. «C’est encombrant, c’est dangereux»», «on a trop de remontées négatives» et «beaucoup de gens se sentent en insécurité (…) sur le trottoir», a-t-il répété le 15 janvier.

Bien qu’il existe un code la route (qui interdit aux cyclistes, aux pilotes de trottinettes privées de griller les feux et de rouler sur les trottoirs), Anne Hidalgo va installer un «code de la rue». Il servira, dit-elle, à «dire comment on se comporte et comment la police municipale sanctionne ceux qui ne respectent pas les règles». L’élue veut réguler la coexistence entre les utilisateurs des différents modes dont «les cyclistes, les scootteristes, comme les automobilistes». Elle reconnaît que «c’est un peu le bazar».


Et d’assener qu’«une ville qui ne tourne qu’autour de la voiture, ça n’existe plus, ou alors ce sont des ville qui ne vont pas bien». L’élue occulte curieusement l’existence dans la capitale d’un réseau dense de bus, trams, métros et RER du ressort d’Ile-de-France Mobilités, présidée par sa rivale de droite (LR) à la dernière présidentielle, Valérie Pécresse. Lime, Dott et Tier, dont la clientèle est constituée à 85% d'habitants du Grand Paris, sont désormais en campagne pour emporter la votation du 2 avril. Sur la foi d’un récent sondage IPSOS financé par eux, ils font valoir que «70% des sondés sont favorables au maintien plutôt qu’à une interdiction, à condition que le service soit mieux régulé». Ils ont ainsi proposé de nouvelles mesures en ce sens (plaque d’immatriculation, etc), leurs précédents engagements n’ayant pas vraiment porté leurs fruits. Le trio joue gros. Paris sert de vitrine mondiale et un bannissement pourrait marquer un reflux du free-floating, sachant que quelques villes, en France ou à l’étranger, ont déjà fait machine arrière. En revanche, Bordeaux métropole affirme sa confiance envers cette forme de micro-mobilié. Fin 2022, il a retenu Dott et Tier pour déployer 1.500 trottinettes électriques à une plus large échelle.

Marc Fressoz




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