top of page
Rechercher

Pour ses TER, la Région Centre Val de Loire a du mal à se passer de la SNCF



L’autorité organisatrice régionale présidée par François Bonneau (PS), qui a souvent été en conflit avec son transporteur, a choisi de protéger celui-ci des affres de la concurrence. Elle lui confie ses trains pour dix ans de plus. Soit «le maximum légal pour ce type de contrat», soulignent les partenaires qui mettent en avant la confiance accordée aux «cheminots de SNCF Voyageurs» avec l’idée de s’épargner des conflits sociaux que risquent par exemple de vivre Provence Alpes Côte d’Azur, qui va basculer certains TER à Transdev. Le 2 septembre, ils ont signé une dernière convention, valable rétroactivement du 1er janvier 2022 jusqu’à fin 2031, qui prévoit en moyenne 200 M€ par an (2 Md€ sur la durée) de budget de fonctionnement pour les TER. Cela représente une économie de 39 M€ par an pour la Région.

Les Régions ont jusqu’à fin 2023 pour faire affaire avec la SNCF sans être obligées de mettre celle-ci en concurrence. Toutefois, le texte de la convention laisse la possibilité aux élus du Centre de le faire pour des morceaux du réseau… mais le plus tard possible. La convention prévoit «une ouverture progressive possible durant les deux dernières années de la convention» en 2030 et 2031, expliquent-ils. Dans cette perspective, ce dernier contrat conclu entre le Centre Val de Loire et la SNCF passe à un pilotage par axe. «Les objectifs, le suivi des indicateurs (qualité de service, conditions d’accueil des voyageurs...) ne seront plus jugés de façon globale sur tout le réseau mais ligne par ligne, soit 20 au total», ajoutent les deux signataires.

Autre constat, le Centre Val de Loire n’envisage visiblement pas de céder aux sirènes de la gratuité partielle ou complète, même si l’offre pourra évoluer. La Région demande à la SNCF de dépasser le niveau de recettes commerciales de 2019. Comment? En faisant l’article de la gamme tarifaire existante, en passant des partenariats avec les acteurs culturels et touristiques de la Région, riche en châteaux de la Renaissance, mais aussi en développant l’offre de vélo. Le marronnier du renforcement de la contre la fraude figure également au tableau.

François Bonneau et son assemblée entendent tirer les fruits des «lourds investissements» réalisés ces dernières années. L’autorité organisatrice a cassé sa tire lire pour acheter 32 trains Omneo pour 500 M€, ou encore offrir un atelier de maintenance à Orléans (70 M€). Autant de remèdes aux problèmes de coût de fonctionnement et de régularité des trains. En matière d’offre, le nombre de trains sur les lignes Paris-Orléans-Tours, Paris-Nevers ou encore Paris-Bourges va augmenter. Et la SNCF a promis de ne pas céder à la tentation de fermer des gares.

Marc Fressoz



bottom of page