top of page
Rechercher

Railcoop cherche plus de 20 M€ pour pouvoir continuer l’aventure


«Le développement d’une entreprise ferroviaire, ce n’est pas simple. On rencontre des obstacles», reconnaît aujourd’hui le directeur général de Railcoop, Nicolas Debaisieux. Après avoir ajourné leur premier train Bordeaux-Lyon (il était prévu pour fin 2022), les dirigeants de la coopérative ont tenté, le 8 avril en conférence de presse, de rassurer sur la suite. «On a également levé le crayon sur le projet de train suivant», précise-t-il. «L'urgence, c'est de finaliser le tour de table financier, ajoute la directrice générale déléguée, Alexandra Debaisieux. Plus vite ce sera fait, plus vite on pourra faire l'acquisition de la totalité de la flotte et l’envoyer en rénovation. L'idéal, c'est de boucler avant l'été.» Objectif : réunir 30 M€. L’entreprise a déjà levé 7 M€ de fonds propres et en cherche 7 autres. Ensuite, il s’agit de convaincre les banques de prêter 15 M€. La PME imaginait une rénovation des rames X72500 simple et rapide à exécuter. Si elle a anticipé un coût «substantiel», qu’elle ne veut pas communiquer, elle n’a pas encore de devis.

Ce qui ne rassure pas les banques, en effet. Un train va être ausculté en atelier (chez le prestataire dont le nom sera bientôt annoncé). «Nous avons besoin de connaître leur état réel pour “dérisquer“ les rames“», explique le directeur général. Au passage, l’idéal de la coopérative participative en prend un coup. Railcoop va revoir à la baisse l’aménagement rêvé défini par ses sociétaires citoyens pour serrer les coûts de ce côté-ci. Car au final, Railcoop opte pour une opération lourde, dite «à mi-vie», qui suppose de changer les organes des trains. «Nous savons que les X72500 ont mauvaise réputation, mais ils ont été fiabilisés depuis leur sortie, justifie le dirigeant. De toute façon, on n’a pas vraiment le choix. En France, c’est soit du matériel neuf mais avec 3 à 4 ans d’attente, soit du matériel d’occasion, sachant qu’il n’y a pas de marché de la location.»

Côté fret, Railcoop confirme une sérieuse déconvenue depuis le démarrage en novembre de sa navette du côté de Toulouse. «Techniquement, ça se passe sans problème. Du point de vue commercial, c’est autre chose», avoue Nicolas Debaisieux. Mais pas question d’abandonner. «Nous avons parfois des trains qui circulent à vide, mais il est important pour nous de faire rouler nos trains pour acquérir de l’expérience technique», positive l’entreprise qui annonce l’arrivée de deux clients. De quoi amener quelques recettes dans les caisses. «On perd de l’argent, comme toute entreprise qui démarre, mais nous avons une trésorerie confortable pour payer les 34 salaires», selon Alexandra Debaisieux. Elle annonce même des recrutements. La fuite en avant en guise de nouvelle stratégie?

Marc Fressoz


bottom of page