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Social, concurrence, dérive des coûts: perturbations en série sur le réseau francilien


A l’instar du «cahier des exigences sociales» élaboré pour les lignes de grande couronne francilienne, le tandem Jean-Paul Bailly / Jean Grosset travaille maintenant sur le cadre social des lignes RATP de petite couronne concernées par l’ouverture à la concurrence à partir du 1er janvier 2025. Leur mission: établir d’ici la fin 2022 un document destiné à encadrer les conditions de travail des salariés, qui sera intégré au cahier des charges des lots mis en concurrence. Selon Laurent Probst, directeur général d’Ile-de-France Mobilités, «l’objectif est de ne pas dégrader les conditions sociales, tout en proposant aux collaborateurs qui le souhaitent de travailler davantage, en étant rémunérés davantage». L’autorité organisatrice cherche à calmer la grogne syndicale, alors que se profile le projet de loi sur la réforme des retraites, qui pourrait attiser la contestation chez les cheminots et les agents RATP et aboutir à une réédition des grèves de la fin 2019.

Parallèlement, IdFM affirme faire son maximum pour revenir progressivement à une offre normale sur l’ensemble des lignes, alors que la fréquentation reste inférieure aux niveaux de 2019 (80% la semaine et 90% les week-ends). Laurent Probst estime que le retour au niveau d’avant-crise n’interviendra pas avant 2025. A la rentrée de septembre, l’offre sera portée à 100% sur l’ensemble des lignes de train aux heures de pointe. Cet accroissement nécessite des moyens humains qui ne sont pas toujours au rendez-vous, en raison des tensions persistantes sur le recrutement et la fidélisation des conducteurs et des machinistes. 2000 conducteurs avaient été embauchés entre 206 et 2020 pour accompagner l’évolution de l’offre bus.

Ces tensions sociales interviennent alors que l’autorité organisatrice fait face à la fois aux baisses de recettes consécutives au Covid, et à la hausse des prix de l’énergie, particulièrement impactante sur l’électricité. IdFM devrait ainsi acquitter une centaine de millions d’euros supplémentaires sur sa facture cette année. Les pertes de recettes commerciales sont estimées à 800 M€ cette année, alors que le budget voté début 2022 tablait sur une fréquentation de 95%. L’autorité organisatrice francilienne en appelle donc au gouvernement pour un soutien à court et long terme, indispensable au développement d’une alternative à la voiture. Les extensions d’offres vont augmenter de 1 Md€ par an les coûts de fonctionnement du réseau d’ici à 2030, autant que la mise en service du Grand Paris Express, pour lequel l’ex-Premier ministre Edouard Philippe avait assuré à la présidente d’IdFM, Valérie Pécresse, un concours de l’Etat dans un courrier de janvier 2020. Elisabeth Borne, qui connaît bien le dossier, se sentira-t-elle engagée par les écrits de son prédécesseur? Et aura-t-elle les moyens de répondre aux attentes d'IdFM?

Sandrine Garnier

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