top of page
Rechercher

Strasbourg donne le coup d'envoi des Réseaux express métropolitains


800 trains supplémentaires chaque semaine dès le 11 décembre, 1000 à partir de la rentrée 2023, un cadencement à la demi-heure ou au quart d’heure sur une partie des lignes: voilà en quelques chiffres le saut d’offre lié à mise en service du Réseau express métropolitain européen (REME) strasbourgeois. Porté conjointement par l’Eurométropole et la Région Grand Est, ce projet vise à proposer des solutions de mobilité alternatives à la voiture à l’échelle du bassin strasbourgeois pris au sens large, puisqu’il irrigue l’ensemble du département du Bas-Rhin, et va même s’étendre au-delà des frontières vers les trois Länder du Bade-Wurtemberg, de la Rhénanie-Palatinat et de la Sarre. Propulsé sur le devant de la scène après les annonces du Président de la République, Emmanuel Macron, sur les 10 RER métropolitains à déployer, le REME a nécessité un investissement de 700 M€, dont 117 M€ pour la réalisation d’une 4e voie à Vendenheim (commune limitrophe de Strasbourg), et 480 M€ dans le matériel roulant (9 Regiolis classiques et 30 transfrontaliers). Les coûts de fonctionnement de 14 M€ annuels sont partagés entre la Région et l’Eurométropole. «Il faudra encore investir 600 M€ pour prolonger l’offre vers le nord de Strasbourg», souligne Jean Rottner, président de la Région Grand Est, qui insiste sur le temps long du projet, engagé en 2018, et dont l’achèvement est prévu dans les cinq ans.

Le REME est aussi un réseau multimodal, qui s’articule avec une offre de cars régionaux elle aussi renforcée, et des solutions de rabattement vers les pôles d’échanges qui vont mailler le territoire (18 sont déjà opérationnels, et 13 restent à constituer). Le vélo, dont Strasbourg est une terre d’élection, bénéficie de 225 M€ d’investissements (100 M€ pour l’Eurométropole, 125 M€ pour la Région). L’objectif est clairement de concurrencer la voiture pour lutter contre la pollution locale et la congestion routière, alors que la ZFE se met en place à Strasbourg : «L’eurométropole investit 500 M€ dans le courant du mandat pour sa révolution des mobilités», indique sa présidente, Pia Imbs.

Trois autres projets similaires sont en gestation dans le Grand Est. Après Strasbourg, ce sera au tour du territoire nord-lorrain de voir son offre ferroviaire optimisée, avec des liaisons plus efficaces entre Metz, Thionville et le Luxembourg. «Des réflexions sont en cours sur l’étoile de Reims et le Sud Alsace, avec le raccordement ferroviaire de l’Euro-Airport de Bâle-Mulhouse», poursuit Jean Rottner. Quatre projets dans le Grand Est… et quasiment autant d’étoiles ferroviaires que de métropoles en France: le choix sera difficile si l’on s’en tient à la barre des 10 fixée par Emmanuel Macron. Attendu pour le 15 décembre, le rapport du COI, présidé par David Valence, également élu de Saint-Dié (Vosges), précisera quant à lui les pistes de financement retenues.

Sandrine Garnier

bottom of page