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Transdev dépendant à l’argent des élus français, pointe la Cour des comptes



Une entreprise bien gérée mais avec une «faible rentabilité opérationnelle» et des bénéfices qui ne sont «pas pérennes». C’est ce qui ressort du rapport bienveillant de la Cour des comptes consacré à cette filiale de la Caisse des dépôts, publié le 5 mai. Les magistrats qui analysent les exercices de 2017 à 2020 saluent l’abandon des activités BtoC ou BtoB, trop risquées, au profit du marché des autorités organisatrices (passé à 95% contre 87% en 2020) et un certain recentrage géographique sur 3 principales zones (France : 36% du chiffre d’affaires, Amérique du Nord : 17%, et Allemagne/Europe centrale : 17%). Ils attribuent leurs bons points sur plusieurs aspects : le bon fonctionnement actionnarial entre la Caisse et le groupe Rethmann, qui a remplacé Veolia avec 34% des parts ; le pilotage bien huilé des activités internationales par le comex, qui a permis de réagir à la crise sanitaire etc.

Petit bémol, l’importance de la part variable du traitement des dirigeants, limité à 400 000 euros par an. Pour les magistrats, cette prime de performance devrait être étalée pour éviter la tentation d’une gestion court-termiste destinée à gonfler certains indicateurs. Bémol plus important, cette filiale offre à la Caisse des dépôts une faible rentabilité des capitaux. «Les résultats comptables de Transdev sont très mitigés», pointe le rapport. Sur l’ensemble de la période allant de 2017 à 2020, le cumul des résultats nets consolidés s’avère négatif à hauteur de -76,5 M€. Mais c’est «cohérent» avec le modèle «peu margé et très sensible à des facteurs externes» propre au transport public, tempèrent les magistrats, convaincus par les arguments du transporteur qui, en contrepartie, réussit à contenir sa dette.

Si on apprend peu de choses nouvelles, en revanche, ce rapport éclaire une faiblesse importante du n°1 français du secteur (7 Md€ de chiffre d’affaires en 2021). Quoique largement internationalisé, Transdev dépend de façon presque vitale de la France. Ce pays est «le principal contributeur des bénéfices engrangés par le groupe Transdev», hors période covid. De 2017 à 2020, les résultats nets cumulés de l’entreprise dans l’hexagone se sont élevés à +143 M€ (avec un pic de 76 M€ en 2018). Ce qui peut être inquiétant pour l’avenir, alors que les conséquences de la crise sanitaire ont mis en danger les caisses des collectivités et fait disparaître une partie du public. Sur la même période, le groupe a perdu 70 M€ en Europe et 150 M€ dans le reste du monde. Si on affine, l’importance de l'Ile-de-France apparaît flagrante. Avec plus de 600 M€ annuels sur les 2,5 Md€ générés par la France, «Ile-de-France Mobilités, lit-on, est le client le plus important du groupe en termes de chiffre d’affaires soit un des trois contrats les plus élevés du groupe», devant le Comté de Nassau (USA), les autorités organisatrices de Stockholm et Göteborg en Suède ou TfNSW en Australie. On comprend l’âpreté de la bataille sur les lots Optile, où Transdev est celui qui a le plus à perdre. On mesure aussi l’importance pour l’opérateur présidé par Thierry Mallet de reconquérir une grande métropole, Bordeaux et Lyon étant les prochaines opportunités.

Marc Fressoz


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