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Transports : Emmanuel Macron mène la politique des chaises vides



En ce début de quinquennat, le président de la République et la Première ministre, Élisabeth Borne, laissent vacants un nombre important de postes clés dans les transports. Depuis la fin de mandat de Bernard Roman, fin juillet, l’Autorité de régulation des transports (ART) fonctionne sans président titulaire. Le vice-président le plus ancien, Philippe Richert, assure l’intérim tandis que dans les colloques, un autre vice-président, Patrick Vieu, incarne l’institution qui, parmi ses tâches importantes, vient d’auditionner Matthieu Chabanel, appelé à devenir PDG de SNCF Réseau.

Le processus de succession à la tête cet acteur majeur des transports (ferroviaire, cars, autoroutes, aéroports) aurait dû être réglé cet été avec l’arrivée de l’ex-préfet de police de Paris, le très controversé Didier Lallement, qu’Emmanuel Macron envisageait de nommer à la tête du gendarme des transports. Mais le président du Sénat, Gérard Larcher, a prévenu que la haute assemblée mettrait son véto. Didier Lallement a finalement été nommé en octobre secrétaire général de la Mer dans un ministère de l’Ecologie qu’il retrouve. En 2005, il avait été le directeur de cabinet du ministre des Transports, Dominique Perben.

Du côté du ministère des Transports, la Direction générale des transports, des infrastructures et des mobilités, (DGITM), qui joue un rôle clé, fonctionne sans n°1 ni n° 2 bis depuis déjà 4 mois. Elle a dû défendre tant bien que mal son point de vue face à Bercy sur le niveau de hausse des péages de SNCF Réseau en 2023. Même si Sandrine Barnabei Chinzi, n°2 bis de la DGITM, assure la présidence de celle-ci par interim, « le téléphone sonne dans le vide » déplore un acteur des transports. Cet état de fait résulte de la formation du Gouvernement Borne 2, début juillet. L’ex-directeur de la DGITM, Marc Papinutti, est en effet devenu directeur de cabinet du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Son ancien adjoint, Alexis Vuillemain, ex-directeur du transport ferroviaire et des ports, dirige de son côté le cabinet du ministre des Transports, Clément Beaune. Selon un connaisseur, les candidats ne se bousculent pas pour ces postes exposés.

L’ART et la DGITM ne sont pas les seuls organismes en manque de dirigeants. L’Ademe fonctionne sans président titulaire depuis le départ cet été d’Arnaud Leroy dans le privé. La démission récente de Philippe Ledenvic de la présidence de l’Autorité environnementale ajoute un autre casting à organiser.

Toutes ces cases laissées vides agacent, y compris dans les rangs des parlementaires Renaissance. «Que croyez-vous qu’on fasse? On met la pression sur le Gouvernement pour qu’il décide. Le ministre Christophe Béchu nous a répondu que chaque jour qui passe nous rapproche d’une décision», constate le député Jean-Marc Zulesi, président de la commission Développement durable de l’Assemblée nationale.

Deux exceptions concernant deux entreprises confirment la règle: le remplacement éclair de Luc Lallemand, démissionné par l’Etat de SNCF Réseau le 27 septembre, au profit de Matthieu Chabanel. Et la démission fin septembre de Catherine Guillouard (qui avait averti la tutelle cet été), qui doit être comblée par la nomination de l’ex-Premier ministre et éphémère président de l’AFITF, Jean Castex.

Marc Fressoz



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