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Vélo: le développement des voies cyclables compromis par la crise des finances publiques?



Pour se poursuivre et s'amplifier, la dynamique du vélo a besoin d’infrastructures plus nombreuses et adaptées à l’essor de la pratique, en hausse de 32%% par rapport à 2019. Or, les collectivités adhérentes du Club des Villes et Territoires cyclables et marchables (CVTCM) considèrent que le compte n’y est pas. Elles demandent en premier lieu un doublement des crédits du Plan vélo national lancé en septembre 2022, et ont adressé à la Première ministre, Elisabeth Borne, un courrier en ce sens le 5 janvier. Sans quoi, les objectifs affichés pour l’augmentation de la part modale (9% en 2024 et 12% en 2030) ne seront pas tenus.

Une enquête a d’ailleurs été lancée par le CVTCM pour recenser les projets: 1.200 collectivités y ont déjà répondu, représentatives de zones denses et de territoires ruraux. «L’urbanisme tactique a débloqué les choses, souligne Françoise Rossignol, présidente du CVTCM. Les plots jaunes déployés pour matérialiser les coronapistes ont fait comprendre aux élus et aux services techniques qu’il était facile de se lancer.» Pourtant, les membres du CVTCM s’inquiètent quant à la consommation des crédits du Plan vélo. Selon eux, de nombreux projets de voies cyclables, prêts à démarrer, seraient ainsi bloqués en raison des contraintes financières des collectivités locales. «Beaucoup d’entre elles revoient leurs montants d’investissements, ou préfèrent en décaler une partie», précise Françoise Rossignol. Or, le pic d’investissement est généralement réalisé en 2e partie de mandat.

Autre sujet d’inquiétude: le principe du zéro artificialisation nette (ZAN) institué par la loi Climat-Résilience, pourrait conduire à bloquer la réalisation des voies cyclables. Si certains considèrent que les infrastructures inférieures à 5 mètres de large sont exclues du périmètre, le flou persiste. Des travaux sont en cours, visant à développer des revêtements perméables laissant les eaux pluviales s’infiltrer dans le sol. Plus inattendu, le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) suscite des craintes chez les défenseurs du vélo. Le COI préconise en effet de «concentrer progressivement les appels à projets sur les segments où le déclenchement est le plus difficile: collectivités de taille moyenne (typiquement moins de 100 000 habitants), d’assiettes fiscales peu élevées ou présentant des difficultés particulières (outremer notamment)».

Sandrine Garnier

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