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Voiture électrique: le leasing social à l’épreuve marché


Annoncé avant la présidentielle, le leasing social est destiné à aider les ménages les moins aisés à acquérir un véhicule électrique. Pour les professionnels de la distribution automobile, représentés par Mobilians, cette mesure paraît à la fois inadaptée et insuffisante. Le dispositif serait doté d’une enveloppe de 50 M€ alors que le Gouvernement estime le nombre de ménages cibles à 100.000, ce qui donne 500€ par dossier... On est loin du compte, même pour financer l’acquisition de la seule voiture électrique du marché éligible, la Dacia Spring, proposée à 19.000€ et fabriquée en Chine. Autre blocage: la mensualité de 100€ est supérieure au montant que les 40% de ménages les plus modestes peuvent consacrer à l’acquisition et à l’entretien d’une voiture. Pour des raisons de pouvoir d’achat, les Français sont de moins en moins nombreux à acquérir un véhicule neuf, et se rabattent sur des occasions. L’an dernier, 2,7 millions de VO de plus de 15 ans ont été vendus, contre 720.000 véhicules neufs.

Pour aider les ménages à passer à l’électrique, les distributeurs automobiles préconisent donc de renforcer les aides, en cumulant notamment leasing social, bonus écologique (qui vient d’être prolongé jusqu’à la fin de l’année) et prime à la conversion. Ils demandent aussi que le leasing social soit ouvert aux VO, aux hybrides, et que son plafond soit relevé à 40.000€, de manière à ne pas exclure les véhicules produits en France. Ils proposent aussi des solutions pour faire baisser la mensualité sur les véhicules en location avec option d’achat (LOA), en allongeant la durée de location, ce qui réduit la valeur résiduelle du véhicule. Sans une réelle prise de conscience, il ne sera pas possible de réussir la conversion du parc, alors que l’Europe vient de voter la fin du thermique pour 2035, et que la France s’est engagée dans la mise en œuvre des ZFE. «Notre objectif n’est pas de retarder les échéances, mais de rendre possible la trajectoire de décarbonation», souligne Xavier Horent, délégué général de Mobilians, qui met en garde contre une «archipellisation des mobilités» liée à la diversité des modalités d’application des ZFE. Surtout, il appelle au pragmatisme: à Paris, il faudrait théoriquement remplacer 67% des véhicules particuliers et 93% des utilitaires légers d’ici à 2025… La fin des Crit'Air, qui devait intervenir à l'été 2022 a déjà été reportée à 2023, sans plus de précision. Les ZFE n'ont sans doute pas terminé de se confronter à la réalité.

Sandrine Garnier

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