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ZFE: le Gouvernement reporte les contrôles automatisés à 2024


Bonne nouvelle pour les automobilistes qui n’ont pas les moyens de changer de voiture, mauvaise nouvelle pour les élus qui veulent protéger la santé des citoyens. Le système de contrôle sanction automatisé de l’accès aux ZFE, qui aurait déjà dû fonctionner, n’est toujours pas prêt. L’Etat, qui travaille avec les collectivités, espère «aboutir d’ici 2024». C’est l’une des annonces faites le 25 octobre à l’issue d’un premier comité ministériel sur les ZFE. Sans vouloir entrer dans les détails, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique (Horizons) a égratigné ses prédécesseurs en indiquant avoir trouvé à son entrée au gouvernement «un certain nombre de problèmes à lever qu’on a réglés depuis notre arrivée en juillet». Un des obstacles résidait dans l’homologation des caméras à lecture automatique des plaques d’immatriculation, et dont l’ex-ministre de l’Ecologie Barbara Pompili avait annoncé la résolution pour mi-2022. Ces contrariétés n’empêchent bien sûr pas le contrôle humain, aléatoire, ceux qui ne respectent pas les Crit’Air autorisés risquant 68 € d’amende.

«Nous prenons le temps qu’il faut», convient Christophe Béchu, et ce contretemps tombe finalement bien. Il laisse du temps à la panoplie d’aides financières aux ménages et professionnels pour produire effet. Emmanuel Macron a annoncé le passage de la prime de conversion à l’électrique de 6000 à 7000 € pour un ménage sur deux. Sur ce sujet, le ministère de la Transition écologique a fait entendre sa petite musique sur le risque de «subventionner les véhicules chinois» et mis en avant l’incitation au rétrofit et l’achat de voitures thermiques d’occasion moins polluantes.

Le compte à rebours ne sera pas remis en cause. Dès le 1er janvier 2023, les véhicules Crit'Air 5 (véhicules diesel produits avant 2001) seront interdits. Au 1er janvier 2024, ce sera au tour des Crit'Air 4 (diesel d’avant 2006) puis des Crit'Air 3 (diesel avant 2011 et essence avant 2006) le 1er janvier 2025. Mais des assouplissements sont prévus dans le dispositif pour tenir compte des réalités locales. De quoi encourager les élus locaux à assouplir leur propre calendrier, souvent plus contraignant que celui fixé par le gouvernement. La Métropole du Grand Paris se dirige ainsi vers un nouveau report de l'interdiction des Crit'Air 3. Initialement prévue pour le 1er janvier 2022, repoussée à janvier, puis juillet 2023, elle devrait finalement intervenir en septembre 2024, après les JO... Entre enjeu environnemental et enjeu social, les pouvoirs publics avancent sur une ligne de crête. «Les ZFE sont une nécessité pour des raisons écologiques et de santé publique», insiste le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune. Tout en ajoutant ce bon mot: «Il faut éviter que les ZFE soient des zones à forte explosion.»

Marc Fressoz




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