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Renaud
Muselier
Président de la Région Provence-Alpes Côte d'Azur
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"La tempête Alex a sur nous rappeler
qu’une voie ferrée était une véritable ligne de vie"

Mobily-Cités : Comment s’articulent les réseaux de transport transfrontaliers France Italie ? 

Renaud Muselier : En Provence-Alpes-Côte d'Azur, deux lignes TER permettent à ce jour de rejoindre l’Italie. Il s’agit d’une liaison côtière entre Grasse et Vintimille et la seconde relie Tende à Cuneo.  Si pour la première, la liaison s’opère sans interruption de charge, les usagers transfrontaliers passants par Tende doivent emprunter le réseau italien pour gagner Cuneo. Par ailleurs, à la suite des dégâts causés par la Tempête Alex, la liaison italienne est encore coupée entre Vintimille et Breil-Sur-Roya. La coopération franco-italienne, comme les coopérations interrégionales sont les clés du développement d’un service de transport transfrontalier de qualité.

Mobily-Cités : Quels sont les services offerts aux travailleurs transfrontaliers en matière de mobilité ? 

RM : Afin de faciliter les liaisons transfrontalières, nous avons souhaité que tous les usagers puissent prendre un abonnement ZOU ! en gare de Vintimille et ce, aux mêmes conditions tarifaires que dans l’ensemble des gares de la région Sud. Il en est de même concernant la liaison avec la Principauté de Monaco. En effet, grâce au Pass ZOU ! ou au Pass Sud Azur, il est possible d’emprunter l’intégralité de la ligne LER 100 reliant Nice à Monaco.

Mobily-Cités : Provence Alpes Côte d’Azur est la première région de France à expérimenter l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires de voyageurs. Quelles sont vos attentes au regard de cette libéralisation ? 

RM : En cinq ans, nous avons changé le visage des transports en région Sud. En 2016, le service proposé par nos TER étaient très mauvais, 20 % des trains étaient en retard et 10 % des trains étaient supprimés. Face à cette situation, nous avons rétabli le dialogue avec la SNCF et mobilisé des moyens très importants. Et les résultats sont là ! Aujourd’hui, 90 % des trains arrivent à l’heure, seulement 2 % des trains sont annulés et surtout nous constatons une hausse de fréquentation de 14 % sur l’ensemble du réseau. La tempête Alex a su nous rappeler qu’une voie ferrée était une véritable ligne de vie pour ses habitants comme pour le développement de son territoire. En faisant le choix d’ouvrir certaines de nos lignes à la concurrence, nous avons souhaité aller plus loin encore dans l’amélioration du service que nous proposons à nos usagers et éviter à tout prix les fermetures de lignes ou de gares. 

Mobily-Cités : Sur le volet du MAAS, mobilty as a service, quels sont les nouveaux services offerts par la région ?  

 

RM : En région Sud, la mobilité de tous est notre priorité. Elle est l’un des fondements du service public que nous avons la charge de conduire. Dans cet esprit nous avons unifié la totalité de notre offre de transports sous la marque ZOU ! en 2019. Depuis nous avons constamment cherché développer une offre adaptée aux besoins de chacun. Qu’il s’agisse de notre service ZOU ! Neige, du Pass ZOU ! études ou encore du Pass Sud Azur comme du Pass Intégral métropolitain, nous cherchons toujours à disposer d’une offre lisible, simple et adaptée à tous les déplacements de nos usagers que vous cherchiez la meilleure solution pour parcourir la région avec un seul abonnement ou à effectuer des trajets ponctuels.

Mobily-Cités : La région alimente la plate-forme data.gouv, quel en est le bénéfice pour l’utilisateur final des services de transport ? 

RM : Les data et leur utilisation nous permettent d’adapter efficacement et rapidement notre offre de transport. En analysant les trajets réguliers, la fréquentation des lignes de nos lignes ou en analysant les modèles des autres contributeurs nous sommes à même d’identifier les points bloquants et possiblement de les anticiper dans un futur proche.

Mobily-Cités : La pandémie a modifié avec le télétravail les habitudes de déplacement et a induit une digitalisation accrue de l’économie. Comment anticiper les nouveaux usages ? 

RM :Avec la Covid-19 nous avons dû développer une nouvelle méthode de travail, de nouvelles formes d’interactions sociales. Le sans contact s’est démocratisé, les déplacements quotidiens se sont raréfiés. Afin d’accompagner cette évolution, nous avons lancé le Pass ZOU ! Télétravail. Conçu sous la forme d’un abonnement mensuel modulable, il permet aux usagers d’effectuer jusqu’à 30 trajets par mois avec une réduction de 70 % par rapport au plein tarif. Ainsi au cœur de la Smart City, il est aujourd’hui nécessaire d’utiliser l’ensemble des moyens à notre disposition, comme la data, pour comprendre les attentes de nos usagers et mettre en place l’offre y répondant le mieux.

Mobily-Cités : Mobilité du quotidien, Environnement, qualité de l’air. Quelle est la stratégie de la Région Sud s’agissant des transports de voyageurs ?

RM : Dès 2017 et l’adoption de notre Plan Climat une « COP d’avance », notre ambition était claire, le cap était fixé vers l’écomobilité. Atmosud a mesuré ces effets sur la qualité de l’air entre 2016 et 2019. Les taches rouges et orange s’amenuisent prouvant une diminution des pics d’ozone et des émissions de particules fines.

Nous avons su porter des innovations qui permettent à la fois de préserver notre environnement et de rendre un service de qualité à nos usagers.  Sur la route en déployant les premières lignes de cars 100 % électriques, longue distance, entre Aix-en-Provence et Toulon et entre Aix-en-Provence et Avignon et des lignes 100 % GNV entre Arles et Salon-de-Provence et entre Draguignan et Toulon.  Sur la mer, avec le dispositif « Escales Zéro Fumée », 30 millions d’euros sont engagés par la Région et l’Europe pour développer le branchement à quai des ferries et des navires de croisières dans les ports de Marseille, Toulon et Nice. Sur les rails, nous avons obtenu la livraison de cinq rames neuves hybrides Alstom pour la ligne Aix-en-Provence-Marseille en décembre 2020, et nous avons commandé huit rames neuves hybrides pour les Chemins de fer de Provence. Nous voulons développer une véritable alternative à la voiture individuelle tournée vers les énergies décarbonées et ce pour tous les trajets du quotidien. Nous avons par exemple, accompagné la Métropole de Nice Côte d’Azur, comme la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon dans le financement et la mise en service de leurs tramways respectifs. L’intégralité de ces projets se sont concrétisés grâce à une étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs privés, publics et institutionnels.

Propos recueillis par Laurie Maneval

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