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Cyril Cineux

Cyril Cineux

Adjoint au maire de Clermont en charge des Transports

Développement du réseau structurant, attractivité des transports publics, électrification des bus, gratuité… Cyril Cineux développe les principaux axes sur lesquels s’appuient les élus clermontois pour répondre aux besoins de mobilité des habitants.

Propos recueillis par Justin Boche


Mobily-Cités : Dans le cadre du développement du réseau de transport clermontois, l’état actuel des transports proposés est-il suffisant vis-à-vis de la demande des habitants ?


Cyril Cineux : J'aurais tendance à répondre oui et non. Le réseau répond en partie à la demande, mais pas à nos ambitions et à la nécessité de la transition écologique et sociale dans laquelle nous sommes engagés. L'objectif est d’augmenter la part prise par les transports en commun dans les déplacements à Clermont. C’est pour cela que nous avons lancé un projet de reconfiguration du réseau avec la création, à côté du tram, de deux lignes en site propre. L’idée est que le réseau soit encore plus performant. La part modale des transports est trop faible avec 7% en tout et 12% en ville. Sachant que le tramway représente la moitié des voyages sur la totalité du réseau.


Quelles sont ces nouvelles lignes ?

Elles existent déjà. La B et la C desservent la métropole, alors que le tramway est quasi intra-muros. Ces lignes sont transversales à la métropole et desservent les principaux centres générateurs de flux, où sont présents les entreprises, administrations, logements, universités. Les aménager en site propre est indispensable aujourd'hui, car elles sont structurantes.


Avez-vous hésité entre tramway et BHNS ?

Si on faisait le tram, on ne faisait qu'une ligne. Nous avons donc opté pour deux lignes de BHNS qui coûtent quasiment le même prix qu'un tramway. Ces sites propres sont indispensables pour être concurrentiel avec la voiture tout en ayant la même qualité de service qu'un tramway avec une fréquence de 5 minutes en heure de pointe. Avec leur lancement, en 2026, nous aurons trois lignes fortes autour desquelles réorganiser le réseau. Ces lignes vont aussi permettre de délester le tramway, qui est déjà très utilisé.


Avec quelle énergie rouleront ces bus ?

Tous nos BHNS seront tous électriques, et l’ensemble des bus à horizon dix ou quinze ans. Nous avons privilégié l’électrique pour le moment, qui est une technologie suffisamment stable pour être déployée rapidement. Ce n’est pas encore le cas de l’hydrogène par exemple, même si on va le tester, comme nous avons été les premiers à tester le tramway sur pneu.


Ce choix du tramway sur pneu vous a-t-il posé des problèmes ?

Nous en sommes plutôt contents. Nous avons des montées et des courbes assez serrées sur le tracé, où un tram sur rail n’aurait pas pu passer. Voilà pour l’argument technique. Il faut aussi mentionner le fait que Clermont est la ville de Michelin. Enfin c'est une technologie très silencieuse. Ce qui peut d’ailleurs poser problème parce que l’on se rend compte que ça peut être un danger pour les piétons. La vraie difficulté, c'est que ça ne s'est pas énormément développé ailleurs. Notre régie publique des transports a su accompagner ce tram sur pneus en faisant de la réparation en propre.


Pourquoi fonctionner en régie publique ?

Grâce au choix de la régie, l'argent investi sert immédiatement aux usagers. Il n'y a pas d'actionnaires. C’est un choix fort sur lequel on ne reviendra pas, parce que cette régie des transports a été sanctuarisée. Je crois également que cela permet d’avoir une relation directe avec les salariés. Cette relation peut parfois être délicate. On vient d’ailleurs de vivre un mouvement de grève. Mais via ce système, nos agents sont aussi très engagés pour la défense du service public des transports collectifs et nous donnent des retours extrêmement intéressants. En tant qu’élus, nous sommes à portée de baffe des salariés et c’est très bien. Ça permet de mieux se comprendre parce que la relation est plus directe.


Le réseau T2C pourrait-il devenir gratuit dans les années à venir ?

Nous expérimentons déjà la gratuité des transports le week-end. Elle a été mise en place en décembre 2021, et nous observons les retombées en termes de fréquentation, de report modal et d'attractivité. Nous avons fait les comptages que nous sommes en train d'analyser. Pour le moment, nous n’avons que les retours des chauffeurs qui parlent de 40% à 50% de fréquentation en plus. Et l’on voit beaucoup de familles, pas toujours habituées à utiliser les transports en commun. Avant cet essai, nous avions commandé une étude qui conclut que la gratuité totale n’était pas possible sur notre réseau tel qu’il est, car pas assez charpenté pour accueillir cette hausse de la fréquentation. Une fois les deux lignes de BHNS en service, on reposera la question pour savoir si la gratuité totale est possible.

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